LA NUIT GLACIALE DE KAAMOS

THOMPSON, James (Traduit par Bouchareine, Ch.)

Policier & Thriller

10/18 (Paris), Domaine policier, 2011, 304 pages

:) :) Brrr...!!! - critique complète

Couverture
Couverture du livre: LA NUIT GLACIALE DE KAAMOS

Le kaamos, en finlandais, c’est la nuit polaire : au nord du cercle polaire arctique, le soleil ne paraît plus pendant des mois. Et la température peut atteindre moins quarante degrés. Les Finlandais y font face avec plus ou moins de bonheur, et surtout à coup d’alcool pour se réchauffer le corps et l’âme. Kate, l’épouse américaine de l’inspecteur Kari Vaara, en fait l’amère découverte…Ils s’étaient rencontrés lorsque le soleil ne se couchait jamais, et que les gens en étaient heureux. A présent, enceinte, et malgré son boulot prenant en tant que directrice d’un centre hôtelier et de loisirs, elle déprime quelque peu.

Hélas, le boulot appelle le policier : une femme vient d’être retrouvée morte, mutilée et lapidée. D’origine somalienne, Sufia Elmi était une actrice d’une grande beauté (mais de petite vertu). Qui a pu vouloir faire disparaître, et de façon aussi méthodique, une si belle créature ? Comme tous les pays nordiques, la Finlande exerce un racisme aussi discret que dédaigneux. Nul doute que cette affaire va faire grand bruit dans la presse nationale… Kari Vaara refuse de laisser les super-flics de la capitale venir enquêter dans le village où il a grandi. Au risque de se laisser dépasser par la pression et les évènements, mais aussi d’être trop impliqué affectivement, il prend l’affaire à bras le corps…Différents éléments mettent en parallèle ce meurtre avec celui d’Elizabeth Short, plus connu sous le nom d’affaire du Dahlia noir…

Ceci est la première enquête de l’inspecteur Vaara (comprenez : publiée). La deuxième, « Meurtre en hiver polaire » est parue en 2011 chez Balland. D’emblée, il est à remarquer que le nom de l’auteur n’a pas de consonance scandinave : James Thompson est bel et bien américain, et vit depuis une dizaine d’années en Finlande. Son récit a les caractéristiques du polar u.s. : nombreux rebondissements, peu de temps morts ou laissés à l’introspection, aux doutes. Le personnage principal, narrateur, est marqué par un drame qui s’est déroulé durant son enfance. Il évoque volontiers, pour nous lecteurs, ou pour son épouse américaine, les us et coutumes de ses compatriotes. De fait, le fossé culturel entre les deux est assez important, et Thompson a du en faire l’expérience lui-même.

Ce savant mélange, entre le savoir-faire américain en matière de suspense (ne me faites pas dire que les auteurs nordiques n’en ont pas !) et le contexte tout à fait particulier qu’offre un pays subissant la nuit polaire, est fort réussi, et le roman captive d’emblée.

L’auteur pèche sans doute un peu par excès de dégâts et crimes collatéraux, risquant l’overdose et l’invraisemblance. Il paraît également fort probable que Vaara sache d’emblée débiter des données documentaires très précises sur les supplices appliqués dans un pays tel que la Somalie. Ce qui donne à l’auteur (et donc au lecteur) l’occasion d’un fameux rebondissement, qui passe un peu plus difficilement...

Mais soit, inutile de bouder son plaisir : James Thompson mérite qu’on lui souhaite la bienvenue dans les pages d’Encre Noire !

Barbara Mazuin

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