LA ONZIEME PLAIE

MOLAS, Aurélien

Policier & Thriller

Albin Michel, 2010, 411 pages, 20 €

:) Dans l'air du temps - critique complète

Couverture
Couverture du livre: LA ONZIEME PLAIE

L’hexagone est plongé dans le chaos. La moindre petite ville voit ses rues traversées par un vent de révolte ; des manifestations dégénèrent aux quatre coins du pays, laissant ouverte la voie aux casseurs et à une violence sans limite. A Paris, le commissaire Maxime Kolbe, responsable d’une petite équipe chargée de traquer les pédophiles, est mis sur la sellette par sa hiérarchie. A l’occasion d’un procès durant lequel ses méthodes sont vivement critiquées, Kolbe perd la face devant un criminel qu’il sait pourtant coupable des pires atrocités sur de jeunes enfants. Le criminel est relâché et Kolbe purement et simplement mis à pied. Dans le même temps, sa petite équipe tombe sur un trafic de DVD au contenu pédophile d’une exceptionnelle dureté. Du jamais vu, selon Alain Broissard et Léopold Apolline, les deux adjoints directs de Kolbe. Pressés par le temps –ils redoutent que l’enquête concernant leur supérieur les touche directement et que leur traque ne tombe à l’eau- les deux hommes vont tout tenter pour mettre un terme aux agissements des réalisateurs des films découverts. Parallèlement, en plein cœur de la capitale et au beau milieu du chaos généralisé, une jeune flic, Blandine Pothin, va s’intéresser d’un peu plus près au soi-disant suicide de deux jeunes filles, écrasées par un métro. Le commissaire Rilk, chargé de superviser l’enquête va de son côté mettre tous les bâtons qu’il trouvera dans les roues de sa jeune adjointe…

Une forme de criminalité parfaitement abjecte -la pédophilie- et un cadre qui rappelle l’actualité récente en France (les émeutes qui ont secoué différentes banlieues, le pouvoir en place qui fait de la sécurité son cheval de bataille) et voilà un roman promis à un enviable succès ? Pas si vite. Car, si de prime abord, ce premier opus d’un jeune auteur français de 24 ans a « tout pour séduire », il se révèle loin de pouvoir sortir indemne d’un examen un rien approfondi (une lecture, tout simplement). Car si Aurélien Molas révèle un incontestable savoir-faire (il a déjà travaillé dans le domaine de la scénarisation) dans la mise en place des différents éléments de son histoire et dans la manière de tenir son lecteur en haleine –chapitres brefs, phrases courtes et percutantes, vocabulaire riche mais à tendance martiale : cela donne un texte certes haletant mais manquant singulièrement de chaleur- on ne peut s’empêcher d’éprouver une sensation de déjà vu à la lecture de cette ‘Onzième plaie’. Il y a indubitablement un peu des ‘Racines du Mal’ de Dantec (pédophilie, nouvelles technologies…) et des ‘Rivières Pourpres’ de Grangé (le personnage du flic blanchi sous le harnais et en froid avec sa hiérarchie et la manière ‘efficace’ de mener son lecteur par le bout du nez), mais…en un rien moins inspiré. Cela se remarque surtout dans la crédibilité de son cadre (les émeutes oui, mais pourquoi et menées par qui ?) et de certains de ses personnages, taillés à la serpe et manquant de la profondeur nécessaire pour que le lecteur s’y attache. Eh oui, là où Dantec et Grangé innovaient en publiant leurs premiers romans, Molas n’apporte pas grand-chose de neuf, sauf pour le lecteur qui commencerait sa culture polar par lui ! Sous des dehors ‘novateurs’ donc, un premier roman qui plaira aux lecteurs amateurs de sensations fortes, mais novices en la matière. Les autres risquent bien de n’y voir qu’un agréable moment de lecture, un roman un rien trop calibré par l’air du temps et qui ne laissera que peu de traces dans leur mémoire.

Nicolas Fanuel

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