LE CHARDONNERET

TARTT, Donna (Traduit par Soonckindt, E.)

Policier & Thriller

Plon, Feux croisés, 2013, 795 pages, 23 €

:) :) :) VOUS REPRENDREZ BIEN UNE PART DE TARTT ? - critique complète

Couverture
Couverture du livre: LE CHARDONNERET
  • Le moins que l'on puisse dire c'est que cette écrivaine américaine ne soit pas très prolixe. Trois romans en autant de décennies. Rappelez-vous, « Le Maître des Illusions », c'était elle ; « Le Petit copain », c'était elle aussi.Deux coups de maître qui l'ont directement installée au panthéon des voix contemporaines. Avec ce troisième livre, Tartt prouve une fois encore son apparente facilité à tisser la toile d'une intrigue forte en rebondissements et en émotions. « Le Chardonneret », peinture de Fabritius, un artiste flamand élève de Rembrandt, va partager l'existence d'un jeune garçon, Théodore Decker, depuis le jour tragique où, victime d'un attentat à la bombe dans un musée de New-York, il a subtilisé la petite toile sur les conseils d'un homme mourant, jusqu'à sa vie d'adulte, tumultueuse et marquée du sceau de la toxicomanie. Sa mère ayant trouvé la mort lors de l'explosion, le jeune Théo est recueilli par les parents d'un ami d'école, les Barbour. Traumatisé, le jeune garçon peine à se trouver une place dans cette famille aux valeurs morales bien établies. Il rêve de retrouver la jeune fille rousse qui accompagnait l'homme mourant du musée. Ce dernier lui a remis une bague qui lui permet de retrouver la trace de celle que son coeur a élu, chez un antiquaire et restaurateur de meubles en bois, le bon Hobie. Blessée tant psychologiquement que physiquement, la demoiselle, Pippa, ne tarde pas à quitter New-York pour des cieux plus cléments tandis que Théo doit rejoindre son père – qui l'avait pourtant abandonné – au Texas. Il y aboutit dans une ville résidentielle fantôme et fait la connaissance de Boris, un garçon d'origine slave qui deviendra rapidement un ami mais aussi un fournisseur de drogues en tous genres. C'est le début d'une lente descente dans la débauche pour les deux amis jusqu'à ce que le père de Théo soit tué par un mafieux. Quittant le Texas, il rejoint la grosse pomme et se met au service de Hobie, n'hésitant pas à traficoter de ci de là en mentant sur la valeur de meubles restaurés. Durant cette longue traversée d'une vie sans réel équilibre, Théo aura conservé, emballé précieusement dans du papier kraft et soigneusement dissimulé le tableau de cet oiseau dont on ne perçoit la chaîne qui l'entrave qu'au bout d'un examen appuyé. Bien que ce trésor lui assure le souvenir de sa mère, il pourrait bien signer sa perte. Car des experts - comme d'autres personnes moins bien intentionnées - sont à sa recherche, persuadés qu'il n'a pas été détruit dans l'incendie du musée...

    Donna Tartt s'est beaucoup documentée pour peaufiner son intrigue ; elle s'est également astreinte au dur labeur de relectures attentives, s'attardant à la tournure et au vocabulaire de chaque phrase. Son texte, et sa traduction lui en rend un puissant hommage, est dense sans être complexe, visuel mais aussi vraisemblable dans la description d'états psychologiques. Attachants ou rebutants, ses personnages vivent souvent sur la ligne séparant le bien du mal ou la morale du vice. En presque 800 pages touffues, « Le Chardonneret » oscille entre le drame familial, social et le thriller, sans jamais (ou si peu) lasser. La lecture se fait haletante, les tensions palpables et l'empathie intimiste. Ce roman fait d'ores et déjà partie des publications majeures de cette année 2014. 

Eric Albert

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