LE COULOIR DES TENEBRES

PERRY, Anne

Policier & Thriller

10/18 (Paris), Grands Détectives, 2015, 350 pages, 14.9 €

:) LE RHESUS DU PLUS FORT - critique complète

Couverture
Couverture du livre: LE COULOIR DES TENEBRES

On ne présente plus Anne Perry. Auteure de deux séries policières majeures (Thomas Pitt et William Monk) et d'autres romans unanimement appréciés (« Du sang sur la soie »), elle squatte depuis de nombreuses années le catalogue des éditions 10/18 (plus de 60 volumes à ce jour). C'est dire l'expérience de la dame pour bâtir des intrigues qui suscitent invariablement l'intérêt du lecteur le plus rétif. Situés dans le Londres victorien, les romans de Perry conjuguent souvent un mystère policier, un meurtre ou un secret inavouable et la description d'une procédure judiciaire aux côtés théâtraux.

Dans le présent volume, à paraître le 20 août, c'est Esther, la compagne de Monk qui est au cœur du récit. Infirmière au service du Dr Rand, elle découvre une nuit à l'hôpital dont elle assure la garde des malades, la présence de trois jeunes enfants extrêmement affaiblis et affolés. D'après leurs dires, un médecin leur pomperait le sang régulièrement, sans qu'ils en sachent la raison. Ils auraient de plus été abandonnés par leurs parents et vivraient, chichement et cachés, dans une chambre isolée de l'institution de soins. Menant sa petite enquête auprès du Dr Rand, Esther ne tarde pas à comprendre que le frère de celui-ci, un brillant chimiste qui n'a pas pu compléter son cursus pour devenir le médecin qu'il aspirait à devenir, utilise le sang des enfants afin de retarder le déclin d'un vieux monsieur acariâtre, atteint de leucémie. Car le sang qui lui est injecté parvient miraculeusement à gommer les effets de la maladie de manière temporaire. Admirative devant la prouesse thérapeutique, Esther est cependant outrée de l'absence de morale du frère du Dr Rand. Bientôt, la voici enlevée et séquestrée dans un manoir retiré dans la campagne anglaise.

William Monk, qui a déjà fort affaire avec un trafic d'armes fluvial doit dans le même temps affronter la disparition tragique d'un de ses collègues et tenter de localiser son épouse, qu'il pressent en danger de mort. Il met bientôt au point une expédition salvatrice afin de mettre fin aux agissements du docteur. Mais la justice ne voit pas d'un très bon œil le comportement d'Esther durant sa captivité. N'a-t-elle pas adhéré aux desseins monstrueux de son geôlier en le soutenant dans ses exactions ? La promesse de progrès de la médecine a-t-elle pris le pas sur sa raison ? Ancienne infirmière durant la guerre de Crimée, Esther se rend bien compte que la transfusion sanguine pourrait signifier le sauvetage de milliers de vies, une fois que la technique sera au point. Le procès qui s'engage sera rude...

Tant le cadre du roman (la description sociale de la fin du 19° siècle) que les personnages (le chimiste obnubilé, le vieillard imbuvable et sa fille, aussi lisse que manipulable, les parents des enfants, miséreux,...) recèlent la capacité d'accrocher le lecteur aux pages du livre. Même si on peut relever quelques raccourcis narratifs et un humour qui tombe parfois à plat, ce « Couloir des ténèbres » est une nouvelle illustration de la faconde d'Anne Perry. En terrain de connaissance contextuelle et stylistique, lire ce roman s'apparente à un voyage dans un train de navetteur dont on est certain de la bonne destination. Bien souvent, on n'en demande pas plus, n'est-ce pas ?

Eric Albert

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