Le Huitième livre de Vésale

Llobregat, Jordi (Traduit par Capieu, Vanessa)

Policier & Thriller

Cherche Midi, 2016, 624 pages, 21 €

:) Enquêteurs de père en fils - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Le Huitième livre de Vésale

D’abord, le livre est un bel objet. La couverture est soignée, figurant un beau visage de jeune fille au côté du front droit suturé, imprimée sur du papier légèrement craquelé (genre parchemin) et aux couleurs étudiées (vert et jaune pâle). Le papier est doux et fin – sans tomber dans le grain « Bible » - et sur sa couleur écru défilent les mots munis d’un bel habillage et d’une lisibilité parfaite. Lourd dans la main, le livre inspire confiance.

Ensuite, le cadre. Barcelone, fin du XIX° siècle. A l’époque de l’exposition universelle qui utilisera à grande échelle l’énergie électrique. Une ville que l’auteur connaît bien et dans laquelle il nous balade, des célèbres Ramblas aux recoins les plus sombres – et même en-dessous ! -. L’atmosphère est pesante, lourde de menaces. Il est vrai qu’un tueur en série sévit depuis quelques temps et musèle les entreprises les plus futiles une fois la nuit tombée. La misère côtoie le faste, le progrès l’obscurantisme et il ne fait pas nécessairement bon être femme dans ce microcosme où le sexe est encore fortement différencié.

Daniel Amat, un jeune professeur d’Oxford, débarque à Barcelone pour y enterrer son père. Médecin des pauvres, il avait construit une enquête sur une série de meurtres sauvages et Daniel entend poursuivre son œuvre. Ce faisant, il s’attire l’inimitié de plusieurs personnes influentes dont Adell, un industriel engagé dans l’organisation de l’exposition. Qui plus est, cet honorable homme d’affaires est marié avec Irène, une ex-prétendante de Daniel.

Aidé dans son dessein par un journaliste en mal de scoop et un étudiant en médecine, le jeune Gilbert Pau, qui, sous un réel talent pour la chirurgie, cache un secret propre à déclencher un scandale dans la société machiste ambiante.

Leurs recherches mettent en lumière les agissements déviants d’un certain Homs, incarcéré en hôpital psychiatrique par le père Amat mais évadé depuis peu. Homs poursuivait des expérimentations médicales douteuses, à la frontière de la vie et de la mort, et il tâchait de mettre la main sur le mystérieux et hypothétique huitième livre de Vésale, le célèbre anatomiste du XVI° siècle, découpeur de cadavres pour le progrès de la science.

Pour un premier roman, Jordi Llobregat frappe fort. Son histoire est prenante et, même si elle surfe sur la vague des thrillers ésotériques à la Dan Brown, elle possède une originalité dans son cadre et dans son langage. Par moments, on se dit que les héros bénéficient d’une chance inouïe pour qu’enfin leur enquête progresse (le passage secret derrière une bibliothèque, la façon dont la découverte du huitième livre va se dérouler, grâce à un peu de vin renversé,…) mais le reste est suffisamment passionnant pour que la lecture soit tenace.

Salué par la critique internationale, « Le huitième livre de Vésale » est une découverte ensorcelante. L’évocation de la ville catalane, l’histoire qui y est liée, la description sociale des classes et l’odeur de soufre qui émane des ruelles et des égouts, ne sont que l’habillage d’une trame habile et prometteuse.

Eric Albert

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