LE MARI

KOONTZ, Dean R. (Traduit par Bonnet, Ph.)

Policier & Thriller

Lattès, 2011, 422 pages, 22 €

:) AVEUGLEMENT - critique complète

Couverture
Couverture du livre: LE MARI

L’épouse de Michaël Rafferty, jardinier de son état, a été enlevée. Elle sera libérée contre une rançon de 2 millions de dollars. Afin de démontrer leur détermination, les ravisseurs, tapis dans l’ombre, n’hésitent pas à sacrifier un pauvre promeneur de chien sous les yeux du mari éploré. Mais comment pourrait-il réunir la somme demandée ? Jamais il ne pourrait disposer d’une telle somme, sa condition moyenne lui fermant les portes d’un crédit salvateur. Lorsqu’il s’avère que le promeneur sacrifié est une ancienne connaissance du jardinier – un colocataire à l’époque des études – le mystère s’épaissit davantage. Et la paranoïa s’installe carrément quand le ravisseur, au téléphone, conseille à Rafferty d’aller voir son frère, Anson. Anson, qui lui, est fortuné. Le monde du mari s’écroule complètement quand il comprend que son frère n’est pas l’ange gardien de la famille mais une fripouille, mouillée dans un braquage XXL, qui s’est montré bien peu généreux avec ses comparses au moment du partage du butin. C’est donc bien au travers de Michaël que les brigands veulent contraindre Anson de débourser. Mais celui-ci ne l’entend pas de cette oreille et préférerait encore laisser sa belle-sœur aux mains de ses kidnappeurs plutôt que d’abdiquer…

C’est avec une réelle appréhension que je me lance, chaque année, dans la lecture du nouveau Koontz. Un auteur qui, depuis que je l’ai découvert au cours des années ’80, a toujours eu le don de m’attirer de par les thèmes qu’il exploite et les souvenirs enthousiastes engendrés par la lecture de quelques fleurons du fantastique et du thriller (je citerai seulement deux titres, « Feux d’ombre » - sous le pseudonyme de Leigh Nichols, et « La Nuit des cafards »).

A partir de 1990, seulement, Koontz a commencé à emprunter des pentes méchamment descendantes. De gros romans aux relents mystiques, des pavés métaphysiques à la limite du compréhensible, des intrigues pseudo-fantastiques aux dénouements abscons (voire risibles)…le tout servi par une langue soit (trop) sophistiquée, soit carrément académique, voire scolaire.

Après le très décevant « Ami Odd Thomas », « le Mari » était cependant précédé par une réputation (issue de l’internet) prometteuse. En s’engageant sur la voie d’un suspense classique, se déroulant au sein d’une famille lambda, Koontz avait-il de nouveau trouvé matière à vraiment raconter « quelque chose » de bon ?

La réponse est positive. Mais se doit d’être tempérée.

Oui, le récit que l’auteur californien nous propose tient la route, oui il parvient à rendre ses personnages principaux attachants et oui il peut compter sur une solide expérience pour maintenir le plaisir de la lecture.

Mais l’ensemble manque singulièrement de cachet. Le texte est court, imprimé de telle façon qu’une édition pour mal-voyants serait inutile et la profondeur du propos s’apparente à un abécédaire du genre, « rehaussé » par quelques digressions inutiles (notamment une, bien baveuse, sur une collection de…crottes de dinosaures !). Bref, une parution directe au format poche, sans passer par la case (ou l’occas ‘) « 20 € minimum » aurait eu pour effet de lénifier le sentiment de s’être fait un peu floué au niveau du portefeuille…Le troisième volet de « Frankenstein », paru au Livre de Poche possède davantage de qualités, dans un genre il est vrai, totalement différent !

On apprécie. Mais on est en droit d’attendre encore mieux ! (EA)

Eric Albert

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