Le secret des tombes

Franklin, Ariana (Traduit par Merle, Jean-François)

Policier & Thriller

10/18 (Paris), 2017, 408 pages, 8.4 €

:( La cousine de Sœur Fidelma - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Le secret des tombes

A la faveur d’un incendie, l’Abbaye de Glastonbury révèle  la présence de deux squelettes : l’un, grand, pourrait être celui d’un guerrier, l’autre présente de longs cheveux blonds. S’agit-il des dépouilles du Roi Arthur et de Guenièvre ? La rumeur risque de se répandre, ce que ne souhaite absolument pas le roi Henri II. L’affaire est politique, en pleine rébellion galloise : la légende d’Arthur reste très vivace au pays de Galles, et le roi a tout intérêt à prouver qu’Arthur est bien mort pour maîtriser la population.

Afin d’identifier les cadavres, Henri Plantagenêt fait quérir Adelia Aguilar. Cette femme est diplômée de l’école de médecine de Salerne, ce qui est singulier au 12è siècle.

Son statut de médecin n’est pas le seul crime de cette femme : son compagnon est un Maure, qui prie et aime un autre Dieu. Ils vivent avec l’enfant d’Adelia, conçue illégitimement avec un évêque. Afin d’assurer une sécurité relative à leur famille, Adelia et Mansur usent d’un stratagème pour faciliter leur travail : Mansur  s’annonce comme étant le véritable médecin, auprès duquel Adelia servirait d’assistante et d’interprète. Le couple communique avec subtilité afin de faire passer les théories et conclusions de la femme médecin.

L’affaire des deux squelettes constituant un enjeu politique de grande envergure, certains y voient de quoi mettre de sérieux bâtons dans les roues d’Adelia…

« Le secret des tombes » est la troisième enquête d’Adelia Aguilar. Comme dans de nombreuses séries de la collection « Grands détectives », il est possible de prendre la série en cours, ce que j’ai fait. Enfin, tenté…

Car force est de reconnaître qu’il a été très difficile d’aborder l’intrigue. Un flash-back nécessaire afin de relater un fait fondamental qui s’est déroulé à Glastonbury, la découverte des squelettes 20 ans plus tard et l’enjeu immédiatement pris en charge par Henri II. Mais ensuite Ariana Franklin prend son temps pour poser sa chère Adelia et son petit monde. Elle et Mansur, Allie, la fille illégitime d’Adelia,  et Glytha, leur nourrice qui n’a pas sa langue dans sa poche. Le petit groupe est sur le point de fuir, en hérétiques qu’ils sont, en compagnie de Dame Wolvercote.

D’emblée, Mansur semble privé de personnalité et du don de la parole, ce qui constitue à mes yeux un féminisme peu subtil : ce personnage masculin n’a-t-il que pour seul objectif de souligner le caractère déterminé et non conventionnel de l’héroïne ? Je sais : c’est le bon principe Sherlock Holmes et Watson, mais ici il me semble poussé à son paroxysme. Mansur sert uniquement de justification à Adelia. L’auteure nous vend et nous vante d’emblée l’audace d’Adelia, qui parle par exemple d’aider les femmes à prévenir la conception, ce qui constitue bien entendu pour l’époque un péché absolu.

La rencontre avec Henri II et sa mission d’identification confiée survient quelques 50 pages plus tard ( !), ce qui représente un lent, très lent début…Les rebondissements par la suite ne manquent pas, et les fans de la Table ronde auront sans doute trouvé leur bonheur. En bien des points, la femme légiste « qui fait parler les morts » fait penser à Sœur Fidelma, le personnage de Peter Tremayne (dans la même collection).  Mais Adelia pèche par un excès de modernisme et, via sa créatrice, d’ego. Je n’ai pas trouvé les personnages sympathiques et attachants, ni crédibles. Trop typés et originaux, sans doute…

Barbara Mazuin

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