Les assassins

Ellory, Roger Jon (Traduit par Baude, Clément)

Policier & Thriller

Sonatine (Paris), 2015, 525 pages, 22 €

:) :) Ce qui les relie - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Les assassins

Contre toute attente, John Costello avait vu juste : un tueur en série sévissait bel et bien à New York. Si personne n'avait jusqu'ici établi de lien entre divers meurtres récents, cela tenait au fait que ceux-ci n'étaient reliés par aucun mode opératoire commun. La seule chose qui pouvait les rapprocher les uns des autres tenait en un infime détail, que sans doute seul Costello était en mesure de repérer. Costello était documentaliste/enquêteur au siège d'un des principaux journaux de la ville. Et les tueurs en série, il connaissait. Il en avait même rencontré un de très près, puisqu'à peine âgé de 17 ans, il avait survécu aux assauts de l'un d'eux, chance que n'avait pas connue sa petite amie de l'époque. Cet évènement fondait l'existence de Costello et, depuis lors, il n'avait cessé de se renseigner sur les tueurs en série, sujet dont il était devenu bien malgré lui un spécialiste hors pair. De son côté, l'inspecteur Ray Irving n'avait effectivement pas relié les différentes affaires et c'est grâce à Karen Langley, la journaliste pour laquelle travaillait Costello, qu'il finit par se rendre compte de la situation. Dès lors, entre le flic et les deux journaleux, une collaboration tantôt chaotique, tantôt constructive, s'installa, sous l'oeil méfiant de leurs hiérarchies respectives. Persuadés qu'ils accomplissaient simplement leur boulot, Irving, Costello et Langley n'avaient pourtant pas un instant imaginé que le tueur verrait leur alliance d'un oeil très critique.

A l'image de ses précédents romans, Ellory propose ici à la fois une intrigue bétonnée et passionnante, mais encore et surtout, une galerie de personnages principaux auxquels on ne peut que s'attacher. En lieu et place de héros sans peur et dotés de quasi-super pouvoirs les rendant capables de se sortir de toutes les situations, c'est plutôt à cheminer durant quelques centaines de pages avec des personnages fissurés qu'Ellory nous invite. Fissurés par leur passé, comme Costello qui, d'apparence désinvolte et ne semblant vivre que pour son travail, cache une personnalité torturée par le drame qu'il a vécu, habité de tics et incapable de sortir de ses habitudes de célibataire endurci. Tout aussi professionnel et obsédé par son travail, Ray Irving paraît toutefois nettement plus sûr de lui et de l'autorité qui découle de son statut. Là encore, la réalité se dessine tout doucement différente puisque nous le découvrons fragilisé par un deuil pas si récent. La seule qui semble voir la vie sous un autre angle que celui du travail à tout prix se révèle être Karen Langley, collègue de Costello mais surtout amie farouche de ce dernier, prête à le protéger même contre sa volonté. Touchée par l'acharnement d'Irving à barrer la route au tueur, elle tentera à plusieurs reprises de montrer à celui-ci que sa vie ne se résume pas à son rôle de flic et que, l'amour, c'est bien aussi de l'attraper quand il passe pas loin. Car voilà la belle affaire, celle qui anime nos trois héros : l'amour, le regret de l'avoir perdu et le désir de le retrouver.

Un Ellory au mieux de sa forme, dans un roman au sujet maintes fois rebattu et qu'il arrive pourtant à renouveler, grâce à son sens imparable du suspense et à toute l'humanité qu'il arrive à insuffler à ses personnages.  

Nicolas Fanuel

Commentaires

Vous ne parlez pas du seul brillant polar de Ellory, à savoir Seul le silence. Écriture excellente.

 

 

 

 

Wistiti il y a 10 mois

"Seul le silence" est effectivement un brillant ouvrage et nous en avons publié une chronique dithyrambique au moment de sa sortie, nous avons même eu la chance de rencontrer Ellory, c'était du temps de la version papier du fanzine (les deux articles sommeillent quelque part dans nos archives...). Et c'est sans doute aussi son meilleur livre. Je n'en parle pas dans cette chronique-ci, sans doute par envie de ne pas ressasser, de ne pas le réduire à ce seul titre, d'autant que depuis, il en a publié pas mal d'autres dont certains très bons (je pense à "Vendetta"). 

Nicolas Fanuel il y a 10 mois

"Seul le silence" est effectivement un brillant ouvrage et nous en avons publié une chronique dithyrambique au moment de sa sortie, nous avons même eu la chance de rencontrer Ellory, c'était du temps de la version papier du fanzine (les deux articles sommeillent quelque part dans nos archives...). Et c'est sans doute aussi son meilleur livre. Je n'en parle pas dans cette chronique-ci, sans doute par envie de ne pas ressasser, de ne pas le réduire à ce seul titre, d'autant que depuis, il en a publié pas mal d'autres dont certains très bons (je pense à "Vendetta"). 

Nicolas Fanuel il y a 10 mois

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