Les loups de Belleville

DOUNOVETZ, Serguei

Policier & Thriller

French Pulp, Les nouvelles enquêtes de Nestor Burma , 2018, 240 pages, 15 €

:) :) Burma se relève - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Les loups de Belleville

Joli projet que celui des éditions French Pulp : remettre en selle Nestor Burma, le personnage de détective privé créé en 1942 par Léo Malet, sous la plume d’une série d’auteurs différents (le même principe que celui qui avait mené à la naissance du « Poulpe » cher à Jean-Bernard Pouy). Comme pour le Poulpe, une « bible » contenant les traits de caractères de Burma, les principaux faits de son histoire personnelle et la liste de ses relations principales -sa secrétaire Kardiatou (tiens tiens, le même prénom qu’un personnage très marquant de Jérôme Leroy, lequel assurera la rédaction du deuxième tome annoncé), Mansour, une jeune qui sait tout faire, et la commissaire Faroux, propre fille de Florimont, le flic qui protégeait Burma période Malet. Les valeurs défendues par le Burma originel restent d’actualité : en gros, c’est un preux chevalier toujours prompt à prendre des coups sur le crâne pour défendre les plus faibles doublé d’un libertaire acharné peu respectueux des conventions. Ah oui, s’ils maintiennent l’idée de consacrer chaque épisode à un quartier de Paris, les « repreneurs » ne vont pas jusqu’à situer les aventures du privé dans l’après-guerre…c’est bien dans notre début de 21e Siècle dominé par le capitalisme et la dégradation de l’environnement qu’ils situent ses nouvelles enquêtes. Dans ce premier volume, Nestor assiste à l’enterrement de son meilleur pote, Niki Java, ce qui ne le met pas de bonne humeur. Il semble que ce dernier travaillait sur un reportage risquant de faire du bruit : l’élimination de ressortissants kurdes par les services secrets turcs, sur le territoire français ! S’il ne goûte que très peu à la géopolitique et aux affaires d’espionnage, Burma n’apprécie pas non plus que ses potes se fassent dessouder impunément.

Sous la plume de Serguei Dounovetz -auteur prolifique, notamment d’une série consacrée à un personnage nommé…Niki Java- on retrouve un Burma égal à lui-même : tête de pioche, casse-cou, amateur de jolies filles et de langage fleuri. Les jeux de mots abondent à chaque coin de ligne dans une intrigue aussi tordue que l’étaient celles du maître et, si l’on considère ce début comme celui d’une série de roman de genre -le roman de gare revendiqué par l’éditeur- l’objectif s’avère clairement atteint. Les amateurs de polars français dans lesquels l’accent ne pointe pas sur une violence de chaque instant mais misant plutôt sur des personnages hauts en couleurs, un ton léger et une intrigue sans temps mort devraient être aux anges. Vivement les suivants ! 

Nicolas Fanuel

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