Les mémoires de Joss B.

Morales, Thomas

Policier & Thriller

Editions du Rocher, 2015, 250 pages, 18.5 €

:) :) Mémoires vagabondes - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Les mémoires de Joss B.

Proche de la cinquantaine, Joss Beaumont cultive l'allure d'un détective privé parisien comme on n'en fait plus. Ancien journaliste reconverti en privé plus par nécessité que par passion, il soufre d'une légère surcharge pondérale, insuffisante toutefois pour le pousser à entamer un régime ou se mettre au sport, et vit en couple avec une jeunette qui l'adore. On le croirait sorti d'un polar de Léo Malet, parenté que son auteur ne renierait sans doute pas, tant elle saute aux yeux des amateurs. Ses enquêtes -ce roman en contient plusieurs, présentées non pas sous forme de nouvelles, mais en un texte continu dans lequel Thomas Morales, l'auteur donc, laisse la parole à son héros, tout comme Malet laissait parler son Burma- ses enquêtes donc, nous convient en des milieux bigarrés, du brocanteur s'interrogeant sur disparition d'un tableau, à la femme trompée qui cherche à savoir pourquoi et par qui son mari s'est fait refroidir, en passant par l'ami journaliste inquiet par les décès mystérieusement concomitants d'une poignée d'obscurs confrères. Si l'on aime la belle langue française (souvent très imagée, et qui n'a pas peur d'appeler un chat par son nom), le cinéma des années '50 à '80, que l'on apprécie l'humour tantôt féroce, tantôt très second degré et que l'on ose encore s'afficher comme amateur de belles voitures et de bonne cuisine, on ne peut que tomber sous le charme de ce texte, premier roman de Morales, journaliste et auteur d'ouvrages consacrés à l'automobile ou au cinéma. Ses intrigues se gardent bien de distiller un suspense insoutenable, le simple bon sens associé à une une petite dose d'opiniâtreté suffisent à Beaumont pour qu'au fil de ses pérégrinations et coups de fil, la solution se fasse jour. Pas de violence ici, pas de course-poursuite ni même de flingue et encore moins d'internet, mais plutôt le plaisir des rencontres incongrues, de dialogues savoureux, de digressions incessantes, de pensées à rebrousse-poil et de phrases fustigeant la bien-pensance ambiante. Le tout respire la douce intelligence, la culture et même parfois, l'empathie pour son prochain. Parfois seulement car, face aux crétins, aux moralisateurs et autres empêcheurs de jouir en rond, Morales, via son Joss B., peut se montrer joyeusement rentre-dedans. Bien fait pour eux.  

Nicolas Fanuel

Commentaires

Joss(elin) Beaumont, le nom du personnage joué par Belmondo dans "Le professionnel"! :-D

Barbara Mazuin il y a 1 an

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