Les temps sauvages

MANOOK, Ian

Policier & Thriller

Albin Michel, 2015, 528 pages, 22 €

:) Tout commence dans la steppe - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Les temps sauvages

Deuxième enquête pour ce nouveau personnage de flic teigneux originaire de Mongolie. Enfin, il faudrait plutôt parler d'enquêtes (au pluriel donc) tant les intrigues se révèlent nombreuses et s'entrecroisent à foison. Il y a d'abord ce cadavre accroché à une falaise. Ensuite, une pile de cadavres d'animaux, dans un autre coin de la steppe, pile dans laquelle se trouve également le corps d'un homme non-identifié. Enfin (et ce n'est que la fin du début), Yeruldelgger -c'est le nom du flic teigneux en question- se voit lui-même accusé du meurtre d'une de ses anciennes indics. Le nombre d'intrigues (qui, on le devine, vont très bientôt se rejoindre dans leur diversité) ne va cesser de s'étoffer sans que pour autant le lecteur n'aie l'impression de s'y perdre. Ian Manook (pseudo Patrick Manoukian, journaliste, éditeur et écrivain français né en 1949) maîtrise parfaitement son intrigue et arrive à nous rendre ses personnages crédibles et (moyennement) attachants. Oui, moyennement, car tout aussi maitrisée que nous paraisse l'intrigue, son foisonnement se retourne parfois contre elle. Les thèmes brassés sont larges (il y a de l'espionnage, du politique, de l'économique et de la concurrence inter-policière) et les tentatives d'ancrer les personnages dans leur cadre, de leur donner une assise via des références multiples à la littérature, à la philosophie et aux spécialités culinaires sont bien méritantes, mais, là aussi, parfois, trop, c'est trop. On sent une envie bien compréhensible de se distinguer du tout venant du monde du polar (la Mongolie : ses paysages, son héritage soviétique et ses plats à priori peu appétissants ; le mélange des genres : action parfois sanglante, enquête plus classique basée sur des faits précis, incursion de nouvelles technologies) et de ce point de vue-là, c'est sans doute réussi, mais l'ensemble gagnerait à être resserré et à emprunter moins de directions simultanément. Ce n'est pas désagréable, c'est bien écrit et ça ne se moque pas de son lecteur, mais il faut savoir qu' au final, on est plutôt dans le genre du thriller qui déménage que dans celui du roman noir qui prend le temps de s'installer.

Nicolas Fanuel

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