LISSON GROVE

PERRY, Anne (Traduit par Bertrand, F.)

Policier & Thriller

10/18 (Paris), 2010, 438 pages, 8.6 €

:) :) :) Quelle diablesse! - critique complète

Couverture
Couverture du livre: LISSON GROVE

 

 

L’Angleterre, mais aussi l’Europe tout entière, est menacée par des individus prétextant égalité ou justice, et désirant pour ce faire renverser les gouvernements en place. Certes la société victorienne n’est pas un modèle d’égalité sociale, et de nombreuses réformes seraient nécessaires, mais elle doit évoluer au rythme des gens, et non par la force et le terrorisme.

 

C’est en poursuivant un de ces anarchistes à travers Londres que Thomas Pitt et son second dénommé Gower se retrouvent embarqués pour Saint-Malo ! L’homme prendra-t-il un train pour Paris, lieu où se sont fomentées les deux grandes révolutions des cent dernières années – et où ils risquent de le perdre – ou restera-t-il dans la cité corsaire où se trouveraient certains contacts intéressant hautement la Special Branch ?

Le pire, c’est que dans la précipitation, Pitt n’a pu prévenir Charlotte de son départ pour le continent, et prévoir de quoi y résider quelques jours. Heureusement que son supérieur Victor Narraway le soutient… Pas pour longtemps, car on l’accuse bientôt d’avoir détourné une importante somme d’argent, qui était destinée à l’époque à faire quitter l’Irlande un certain Mulhare, qui avait jugé de son devoir de renseigner les Anglais sur ce qui se passait dans son pays. La somme ne lui était jamais parvenue, et le pauvre avait été assassiné par ses compatriotes. Narraway, sur le compte duquel on a retrouvé la somme, est déchu de son poste, et chargé de prouver son innocence – à laquelle personne ne semble croire. Narraway soupçonne un complot pour le faire tomber. Une vengeance ? Certes, en quelques dizaines d’années à la Special Branch, il s’est fait beaucoup d’ennemis… L’un d’eux est Cormac O’Neil, activiste irlandais, dont le frère et la belle-sœur ont été tués par sa faute. Ces faits remontent à 20 ans…serait-il possible qu’un désir de vengeance perdure aussi fort, et le rattrape à présent ? Pour en avoir le cœur net, il décide de partir pour Dublin, et prévient Charlotte qu’il n’est désormais plus le lien qui le relie à Pitt. N’écoutant que son cœur et son courage, la jeune femme propose de partir avec lui, ce qui ne manque pas de piquant dans la bonne société victorienne. Mais a-t-elle le choix ? Narraway hors service, Thomas devient extrêmement vulnérable, car il était son protégé, et beaucoup avaient vu d’un mauvais oeil l’entrée de Pitt à la Special Branch.

Quelle bonne idée de nous faire voyager ainsi ! Londres deviendrait-elle trop petite, après 25 volumes consacrés au couple Pitt (et 16 pour Monk) ? Quoiqu’il en soit, c’est un plaisir de voir ces Anglais profiter bien malgré eux de la cuisine française (si différente de la leur : « Je crois qu’ils le font exprès » dira Gower). Quant à Charlotte, de salons de thé en salles de théâtre, elle goûtera, sans les apprécier, l’hypocrisie et les faux semblants qui animent la bourgeoisie dublinoise ! Sur ce point la société londonienne n’a rien à lui envier.

Autre changement : L’arrivée de nouveaux personnages ! Gower prendra-t-il la place de Tellman, fidèle parmi les fidèles, ayant accompagné Pitt dans la plupart de ses enquêtes policières ? Tandis que Pitt quittait la police sur une dissension avec ses supérieurs, Tellman bénéficiait d’une promotion bien méritée. Celle-ci lui a permis d’épouser Gracie, la domestique des Pitt, après des années/volumes d’espoir et de cour maladroite. Gracie étant devenue une « honnête femme mariée », voici venir dans la précipitation (à cause du départ de Charlotte) Minnie Maude, introduite par Gracie elle-même. Vont-ils perdurer, et prendre autant d’importance que leur prédécesseur respectif ?

A la lecture du résumé, comme à chaque fois depuis que Pitt est à la Special Branch, on pourrait se dire que les attentats terroristes sont plus difficiles à apprécier qu’une bonne enquête policière classique. Mais rien à faire, Anne Perry nous « embobine », et nous plonge dans un bain de révolutionnaires socialistes, de Jean Jaurès à Rosa Luxemburg. Elle étend son propos à toutes les maisons royales d’Europe, avec lesquelles la reine Victoria avait des liens familiaux ou apparentés. Rappelez-vous qu’elle était la nièce de notre roi Léopold Ier !

« Buckingham Palace gardens », le tome précédent, nous avait introduit au sein même du palais royal. Cette aventure-ci nous réserve encore bien des surprises ! Anne Perry est décidément bien inspirée !

Barbara Mazuin

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