Madame est servie

Morales, Thomas

Policier & Thriller

Editions du Rocher, 2016, 160 pages, 15.9 €

:) :) Beaumont et les actrices - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Madame est servie

Nous avions déjà dit tout le bien que nous pensions du premier volume des enquêtes du détective privé Joss Beaumont. Publié en 2015 et aussi justement que sobrement intitulé « Les mémoires de Joss B. », le bouquin nous avait charmé par son humour pince sans rire et joyeusement irrespectueux, son attachement à la langue française et son côté résolument rétro. Avec ce deuxième volume, Morales persiste à creuser le sillon d’un polar vintage dans lequel il assume clairement l’affection qu’il porte aux grands maîtres des années ’50 à ’70, qu’ils soient cinéastes, acteurs ou écrivains.

Cette fois, c’est à l’élucidation du meurtre d’une jeune actrice de la télévision que s’attelle le privé. Issue d’une bretonne lignée bourgeoiso-commerçante, la demoiselle s’était exilée à Paris où sa fraîche présence obscurcit assez rapidement l’aura de certaines étoiles plus anciennes. D’ailleurs, quelque temps après que Beaumont ait réussi à se faire confier un complément d’enquête par les parents de la défunte, c’est une autre actrice du même milieu qui est retrouvée morte dans sa caravane personnelle, à quelques pas du plateau de tournage où on l’attendait. Même s’il semble bien que celle-ci se soit suicidée, Beaumont ne peut s’empêcher d’établir un lien entre les affaires, les deux artistes entretenant depuis quelques temps une amitié sur laquelle l’enquêteur ne cessera de cogiter.

Plus maîtrisé que les « Mémoires », « Madame est servie ! » s’en distingue par un resserrement bienvenu du propos : une seule intrigue principale, des personnages plus solides et de plus en plus attachants (on retrouve la fiancée du privé, sa secrétaire et ses deux acolytes, l’un journaliste, l’autre commissaire) et un fil qui se dévide dans la relative logique des errements de Beaumont. Rassurez-vous toutefois, le resserrement en question ne s’effectue pas au point de nous priver des apartés et autres digressions dans lesquelles Moralès nous gratifie de l’opinion de son héros sur des sujets aussi divers que le mariage, les progrès technologiques, les films de Belmondo ou l’avantage de rouler en break Volvo des années ’70 (le même que celui de Jean Rochefort dans « Le cavaleur », si si..), toutes pensées qui font le sel bien goûtu de cette délicieuse incursion dans un polar décidément à contre-courant d’une veine actuelle toute en violence et technicité extrême. Un bonheur.   

Nicolas Fanuel

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