Paris va mourir

Ryck, Francis

Policier & Thriller

French Pulp, 2016, 206 pages, 9.5 €

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Couverture
Couverture du livre: Paris va mourir

Écrit et publié en 1969, ce roman de Francis Ryck (1920-2007) résonne furieusement dans l’actualité mondiale de ces dernières années, régulièrement ponctuée d’attentats aux modus operandi variés, mais dont l’objectif d’anéantissement aveugle du plus grand nombre de vies humaines ne varie pas. Soucieux d’intégrer l’action de son roman dans le cadre socio-politique de son époque, Rick met ici en scène un petit groupe de jeunes déçus de mai 68 et les place sous la coupe de véritables activistes et de mercenaires plus âgés.  Il envoie tout ce petit monde en roue libre dans Paris avec pour mission de commettre des attentats sans lien apparents entre eux. L’objectif global reste flou et, parfaitement manipulés, les jeunes combattants se satisferont des explications nébuleuses de leurs ainés. Mis au courant de ce qui se prépare, les services secrets français envoient l’agent Roc intégrer la cellule terroriste, à charge pour lui de la neutraliser de l’intérieur.

Judicieusement republié par la nouvelle maison d’édition « French Pulp », ce « Paris va mourir » ne souffre d’aucun signe de désuétude ou d’anachronisme. Non seulement les moyens imaginés ici pour mettre en place des tueries de masse en milieu citadin nous semblent-ils avoir encore été utilisés il y a moins de quinze jours, mais les motivations de leurs instigateurs n’ont-elles pas non plus variés. Et le soin que Ryck accorde à la psychologie de ses personnages nous permet de nous en rendre compte. Ainsi fait-il dire à un des chefs de la cellule : « L’idéalisme, tu sais comme moi à quels mobiles il sert de façade : l’avidité d’être quelque chose, de s’accomplir, la peur du présent, la fuite ou l’ennui ». Le plus insigne spécialiste invité sur un plateau télé un soir d’attentat ne dit pas autre chose lorsqu’on lui demande ce qui guide les tueurs. Évidemment, l’époque a changé et donc, l’on se retrouve comme devant un film policier français des années ’70 : pas de téléphone portable, pas d’ordinateur, tout le travail de l’agent Roc repose sur ses neurones et son expérience. Le texte recèle ainsi une profondeur inhabituelle dans un roman de ce style, à la croisée du polar et de l’espionnage, et sans doute celle-ci est-elle aussi due au style riche et évocateur de l’auteur, qui soigne la psychologie de ses personnages et nous livre une intrigue au cordeau, implacable et parfaitement crédible. Un délassement intelligent, une écriture soignée au service d’une bonne histoire. Chapeau, Mr Ryck et merci à French Pulp ! 

Nicolas Fanuel

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