Personne ne le saura

Gauthier Brigitte

Policier & Thriller

Gallimard , 2015, 224 pages, 16.5 €

:) Douloureux souvenirs - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Personne ne le saura

Alors qu'elle pensait tranquillement rentrer chez elle après un concert, Anna se retrouve, sur suggestion insistante de son ami Jules, à finir la soirée dans une très confidentielle boîte échangiste. Le réveil se révèle douloureux et surprenant : allongée dans un lit d'hôpital, Anna ne garde que de très vagues et partiels souvenirs de la dernière nuit. Pratiquement mise à la porte de l'établissement, elle n'ose d'abord pas laisser transparaître le malaise qui la tenaille. Même si elle assume certains de ses comportements durant la soirée, elle ne croît pas être allée volontairement jusqu'aux extrémités que son ami Jules lui relate. Alors quid ? Aurait-elle été droguée ? Et si oui, pourquoi Jules semble-t-il freiner son désir de se rendre dans un autre hôpital pour passer d'autres tests ? Et pourquoi sa version de la soirée coïncide-t-elle si peu avec les maigres souvenirs d'Anna ?

Premier roman de Brigitte Gauthier, « Personne ne le saura », creuse d'une manière très personnelle le thème de la drogue du viol. Très introspectif, son texte se focalise sur le ressenti d'Anna : la peur de découvrir une vérité déstabilisante, le regard qu'elle porte sur elle-même et celui que son entourage semble désormais porter sur elle. Devrait-elle avoir honte ? Ne l'aurait-elle pas cherché si c'est bien ce qui lui est arrivé ? Sa vie amoureuse et sa carrière -imbriquées plus que de raison?- ne peuvent-elles pas aussi livrer un début d'explication ?

Plongée dans un mental bousculé par un événement traumatisant, le roman ne ménage pas son lecteur : le texte, bâti sur de courtes phrases elliptiques et parsemée de références parfois difficilement captables, se révèle souvent difficile à suivre et, partant, peu captivant. Si l'on peut comprendre la déstabilisation et la perte de repères du personnage principal, son manque de détermination et son influençabilité, surtout si on les compare aux élans de lucidité qui la traversent, restent peu crédibles. L'envie de la secouer, elle, et d'écarter brutalement le très falot et très énervant Jules, nous a tenaillé un bon moment, ce qui prouve au moins que l'histoire ne nous a pas laissé indifférent. De là à dire qu'elle s'inscrira dans notre panthéon, il y a un pas que nous ne franchirons pas, principalement faute d'adhésion à la forme.

Nicolas Fanuel

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