QUATRE JOURS AVANT NOEL

HARSTAD, Donald (Traduit par Morris-Dumoulin, G.)

Policier & Thriller

Seuil, 2009, 401 pages, 7.5 €

:) :) Drogue ou terrorisme? - critique complète

Couverture
Couverture du livre: QUATRE JOURS AVANT NOEL

Les deux frères vivaient plutôt à l’écart de Maitland. Et le shérif-adjoint Carl Houseman n’entendait jamais parler d’eux. Jusqu’à ce jour de décembre, pas aussi froid d’ailleurs que ce moment de l’année ne donnait à s’y attendre. Au bout du fil, l’un des deux frères prétendait qu’un cadavre gisait sur la route bordant sa ferme, à quelques mètres de sa boîte aux lettres. Sitôt sur les lieux, Houseman et l’inspectrice Hester Gorse devaient bien admettre que le fermier avait raison : le type était tout ce qu’il y avait de plus mort, exécuté d’une décharge dans l’arrière du crâne, décharge qui avait répandu sur la neige une bonne partie de son visage. Toute identification rapide s’avérant impossible, les deux flics estimèrent que leur enquête mettrait un certain temps avant de porter ses premiers fruits. Et pourtant. Quelques heures plus tard, Houseman, grâce à l’aide de l’un des informateurs, identifia avec certitude la victime. Il s’agissait de Ramon Cueva, ouvrier dans l’usine de viande casher de Battenberg, une proche bourgade. De fil en aiguille, Carl et Hester arrivèrent à reconstituer le réseau de connaissance de Cueva. Parmi celles-ci figurait un certain José Gonzales, que les deux flics devaient retrouver le lendemain, mort de cause apparemment naturelle dans son lit.

Soupçonnant une affaire de drogue ayant conduit à divers règlements de compte, Houseman changera progressivement son fusil d’épaule. Notamment lorsqu’il entendra le verdict du médecin-légiste local sur la mort de Gonzales : empoisonnement au ricin. Et il semble que ce ne soit pas le premier cas d’empoisonnement de ce type, d’autres victimes ayant été recensées, à New-York notamment.

Troisième enquête de Carl Houseman qu’il m’est donné de lire (voir E.N. n° 50 et 53), ‘Quatre jours avant Noël’ confirme tout le bien que j’ai pu en dire précédemment. Au lieu de tenter de changer une formule à tout prix, Harstad creuse son sillon et continue de parler des choses qu’il connaît. Ancien flic et shérif dans l’Iowa (l’état dans lequel exerce son personnage, Carl Houseman), l’auteur excelle dans la restitution des procédures qui rythment toute enquête criminelle ‘dans la vraie vie’. Loin d’alourdir son intrigue, ce souci constant de crédibilité accroît la tension de son texte. Transpirants de réalisme à chaque page, les romans de Harstad n’offrent par conséquent que peu de moments de bravoure –les poursuites en voiture ou les coups de feu échangés toutes les trois pages ne sont visiblement pas sa tasse de thé. Ce qui ne veut pas dire que l’on s’ennuie à le lire : si ces enquêteurs accomplissent un véritable travail de fourmi, interrogeant les témoins et recueillant le maximum de preuves à charge et à décharge, il ménage son content de scènes d’action pure chargées de maintenir le rythme. Du tout bon policier, dans la veine ‘police procedurials’ chère à Ed Mc Bain, mais en milieu plus…rural !

Nicolas Fanuel

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