REMISSION

COOK, Robin (Traduit par Reignier, P.)

Policier & Thriller

Albin Michel, 2011, 468 pages, 21.9 €

:) :) :) SERMENTS D’HYPOCRITES - critique complète

Couverture
Couverture du livre: REMISSION

Quand des cahiers de laboratoire font l’objet de la convoitise d’une multinationale de recherche scientifique ainsi que d’organisations mafieuses américaines et japonaises, cela ne peut qu’annoncer, d’emblée, de sérieuses complications. Ces cahiers sont ceux de Satoshi Machita, un jeune et brillant chercheur japonais de l’université de Kyoto. Il est le premier à produire des cellules souches  humaines à partir de ses propres cellules (cellules Spi, pour « cellules pluripotentes induites »). Cela devrait révolutionner l’univers des brevets de biotechnologie et permettre, dans les années futures, de véritables guérisons, pas seulement des traitements, pour de nombreuses maladies dégénératives. Mais ses supérieurs s’en attribuent  tout le mérite et lorsqu’il essaie de faire valoir ses droits auprès de sa hiérarchie, il est ignoré, puis licencié et même empêché de récupérer ses effets personnels, dont ses fameux cahiers. A New York, le docteur Benjamin Corey,  fondateur et président de la société iPS USA, apprend l’histoire de Mashita et décide de le recruter. Pour cela il le fait venir, lui et  toute sa famille,  aux USA, avec l’aide d’une famille mafieuse new  yorkaise, qui lui avait déjà fourni le capital de départ de sa société  et d’une organisation yakusa. Inutile de préciser que ce n’est pas très régulier, tout ça. Pas plus que le cambriolage effectué à l’université de Kyoto pour récupérer les cahiers. Cambriolage qui tourne mal, d’ailleurs…Mais bon, une fois les cahiers arrivés à New York, Mashita signe le contrat qui accorde à iPS USA les droits d’exploitation exclusifs des brevets sur la technique de production des cellules SPi dont il est l’inventeur. Au Japon, on ne badine pas avec l’espionnage industriel, et le ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie craint de voir la nation perdre du terrain dans le secteur de la biotechnologie, face aux Américains. C’est une question de fierté nationale, il faut à tout prix récupérer les cahiers. Et donc, ils font appel à une organisation yakusa concurrente de celle qui a aidé Mashita à fuir, aidée elle-même par une famille new yorkaise rivale de l’autre… Je vous épargne les noms de tous les personnages et à ce propos, Robin Cook a eu l’excellente idée d’en dresser la liste au début de son ouvrage. Les enjeux de sa découverte vont bientôt être catastrophiques pour Mashita et sa famille. Et lorsqu’il se retrouve, non identifié,  sur une table de l’Institut médico-légal de New York, le diagnostic de mort naturelle est presque incontestable. C’est qu’ils travaillent bien les Yakusas ! Seulement voilà : le légiste chargé de l’autopsie n’est autre que Laurie Montgomery (nous y voilà enfin !),  qui reprend le travail après un congé de maternité prolongé. Les  amateurs de Robin Cook savent que son petit JJ, à l’âge de deux mois, s’était révélé être atteint d’un cancer infantile, dans sa forme la plus grave, mais la maladie avait maintenant disparu complètement, peut-être suite à l’aventure dans laquelle elle et son mari, Jack Stapleton avaient été impliqués précédemment  (voir « Intervention »). Laurie est pourtant tiraillée entre des sentiments contradictoires à l’idée de reprendre le travail : d’une part,  elle culpabilise de laisser son fils à une nounou, d’autre part, elle craint d’avoir perdu de sa compétence professionnelle après une si longue absence.  Le cas de Mashita va pourtant prouver qu’elle n’a rien perdu de son flair. Certes, rien,  au départ, ne lui permet  de conclure  à  autre chose qu’ une mort naturelle, et rien non plus ne lui permet de dire que ce n’en n’est pas une. Alors Laurie va enquêter, elle va rechercher le moindre indice qui va la mettre sur la voie, et lorsqu’un deuxième cadavre de Japonais va arriver sur sa table, non, elle ne peut pas croire à une coïncidence. Sa détermination est d’autant plus grande qu’on essaie de la dissuader de poursuivre ses investigations. Cela va l’entraîner bien entendu sur des pentes dangereuses et menacer ce qu’elle a de plus cher. Robin Cook nous offre une fois de plus un roman captivant et bien ficelé, non sans dénoncer le système américain en matière de médecine, la convoitise et l’appât du gain.

Bernadette Agostini

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