Steamboat

JOHNSON, Craig (Traduit par Aslanides, Sophie)

Policier & Thriller

Gallmeister, 2015, 192 pages, 21.5 €

:) :) :) Urgences dans le ciel - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Steamboat

Le visage de la jeune femme qui se présenta au poste de police de Durant en cette veille de Noël ne disait rien à Walt Longmire, le shérif. Elle ne se présenta pas mais demanda à rencontrer Lucian Connally, le prédécesseur et ami de Walt. En la conduisant au foyer des personnes dépendantes où vivait désormais le vieux policier, Walt ne se doutait pas qu'à eux trois, ils allaient ranimer le souvenir d'un autre soir de Noël, beaucoup plus épique.

Vingt-quatre décembre 1988. Walt n'est shérif en titre que depuis quelques mois et une tempête de neige effroyable rend tout trafic routier et aérien impossible dans le Wyoming. Et pourtant, un hélicoptère va arriver dans quelques minutes sur le petit aéroport de Durant. A son bord, une jeune fille, victime d'un accident et nécessitant de toute urgence des soins que seul l’hôpital de Denver peut lui prodiguer. Vu la violence de la tempête, l'hélico ne peut poursuivre au-delà de la petite ville. Il reste bien un moyen de conduire la jeune fille à Denver, et ce moyen consiste en un vieux bombardier, un B25 Mitchell baptisé « Steamboat » datant de la Seconde guerre mondiale, assez lourd et puissant pour affronter les vents violents. Reste à trouver un pilote capable de mener cette antiquité et ses passagers à bon port. Justement, le tout frais ex-shérif, Lucian, n'était-il pas pilote de bombardier en 1942 ?

Si l'ambiance et les personnages de ce « Steamboat » restent ceux des autres titres de la série que Craig Johnson consacre au shérif Walt Longmire, son histoire tient toutefois plus d'une aventure que d'une enquête. Point de meurtre, point d'arme à feu et encore moins de malfrat ou autre truand à poursuivre ici, mais une petite fille à sauver, coûte que coûte. Tant pis si le seul avion capable de mener l'équipage de cinglés à bon port totalise plus de 40 ans au compteur et que son hydraulique risque de les lâcher, tant pis si la tempête se révèle d'une exceptionnelle sauvagerie, tant pis si le personnel soignant désigné refuse de les accompagner, tant pis si le matériel médical disponible se révèle largement insuffisant : Walt, Lucian et leurs quelques acolytes aussi volontaires qu'eux entendent bien ne pas baisser les bras. Parce que, comme le dit Longmire, ce n'est pas tant la peur de ce qui les attendait en forçant le coucou à plonger dans les vents violents qui les tenaillait tous, mais plutôt celle de ce qu'ils risquaient s'ils n'agissaient pas. Plus court que les habituelles intrigues de l'auteur, « Steamboat » ne ménage pas ses effets : action, suspense et tours de force sont au rendez-vous, chaque embûche -et, à l'image d'un épisode de la série télé « Urgences », elles sont ici nombreuses et aussi médicales que naturelles ou techniques- se voit contournée, dans un enivrant mélange d'ingéniosité volontaire, de joyeuse prise de risque et de chance éhontée. Une lecture revigorante, dans laquelle l'action pure est une fois de plus tempérée par un humour salvateur. Un délice de Noël.   

Nicolas Fanuel

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