TOYER

MCKAY, gardner (Traduit par Pointeau, F.)

Policier & Thriller

Pocket, 2013, 757 pages, 10.2 €

:) :) :) LE CHAT DU CHAT ET DE LA SOURIS... - critique complète

Couverture
Couverture du livre: TOYER

A Los Angeles sévit un mystérieux « chirurgien ». La presse l'a appelé « Toyer » (le joueur) parce qu'il prend un plaisir manifeste à jouer avec ses victimes. Toutes des femmes, jeunes et jolies. Il ne les tue pas ; il ne les viole pas. Il fait pire : il pratique sur elles une cordotomie cervicale, c'est-à-dire qu'il incise quelque fibres neuronales situées juste en-dessous de la nuque. Cette opération ne tue pas : elle plonge les victimes dans un état végétatif de mort cérébrale. La police, désemparée, ne peut à chaque fois que constater les dégâts et ne relève que peu d'indices : la précision de l'opération, la présence d'une empreinte de paume sur une des fenêtres de l'habitation des victimes... Ne pouvant être considéré à proprement parler comme un tueur en série, le LAPD et le procureur local tergiversent et hésitent à employer les grands moyens pour tenter d'appréhender « Toyer ».

C'est compter sans la détermination d'une « physiâtre », Maud Garance, du Kipness Hospital. Ce médecin est spécialisé dans le diagnostic, le traitement et la prévention des douleurs et des troubles fonctionnels du système musculo-squelettique. Ecoeurée par le traitement infligé à ses victimes, elle a juré la perte de Toyer. C'est pourquoi elle finit par céder aux propositions d'une journaliste, Sara Smith qui entend communiquer avec le psychopathe par le biais des colonnes de son journal. Peu à peu, des informations filtrent sur la personnalité de « Toyer ». Maud Garance, en fine psychologue, lui enjoint de se débarrasser de la chose – ou de l'être – qui le pousse à commettre ses crimes atroces. Ce que Toyer fait. Mais cela ne le « calme » qu'un instant. Le voici déterminé à prendre en chasse la physiâtre. Le jeu du chat et de la souris re-commence...

Grâce à ses chapitres ultra-courts, à la progression narrative rapide et haletante, et à l'horreur des crimes commis par le psychopathe, « Toyer » se lit presque d'une traite. On peut comparer l'ambiance du roman à l'atmosphère présente dans le livre « Le Silence des agneaux ».

« Toyer » est addictif : il est axé pour une grande part sur la personnalité psychologique des personnages. Les motivations du monstre sont également très bouleversantes – mais je n'en dirai rien ici – et le final, qui s'étend sur plus de 100 pages insoutenables de suspens, est à la hauteur de l'ensemble du roman, percutant, pervers, provocant.

L'auteur, Gardner McKay, décédé en 2001, profite de son histoire pour égratigner les services de police, le jeu des pouvoirs entre le monde politique et le monde policier, la déontologie parfois bafouée des journalistes.

« Toyer » nous offre une plongée très noire dans un monde criminel original et dérangeant.

Aspect également original du livre : la disponibilité de celui-ci sous neuf couvertures différentes (une pour chaque victime de « Toyer ») présentant le bas du visage d'une jeune femme dont le corps est recouvert par un drap d'hôpital.

Une lecture à bout de souffle ; une maîtrise éprouvée ; sûrement le meilleur thriller de l'été ! (EA)

Eric Albert

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