UN NOEL PLEIN D'ESPOIR

PERRY, Anne (Traduit par Haas, P.)

Policier & Thriller

10/18 (Paris), Grands Détectives, 2011, 152 pages, 10 €

:) SOUS LE SABOT D'UN...ANE - critique complète

Couverture
Couverture du livre: UN NOEL PLEIN D'ESPOIR

Charlie a disparu. Charlie, c’est un âne qui accompagnait l’oncle Alf dans sa tournée de chiffonnier, au hasard des rues d’un Londres qui, en cette fin d’année 1883, se partage entre la misère, le froid humide et la sinistrose économique.

L’assassinat d’oncle Alf passerait au second plan, tant la petite Minnie Maude, 8 ans, semble bouleversée par la perte de son ami à quatre pattes et aux longues oreilles.

Elle attire d’ailleurs la compassion de Gracie Philips, une demoiselle délurée et intuitive qu’elle croise au hasard des rues de la capitale anglaise. Décidée à retrouver l’animal, Gracie et Minnie deviennent amies et se lancent, parfois au mépris du danger ambiant, dans des investigations aussi hasardeuses que désespérées. En prenant comme point de départ le lieu où le cadavre de l’oncle Alf a été retrouvé, les enquêteuses en herbe découvrent que ce dernier avait en fait repris la tournée d’un collègue, Jimmy Quick, en ne respectant pas l’itinéraire habituel. Serait-il tombé sur un objet compromettant ? Ce coffret en or que M. Cob dit lui avoir vu sous le bras peu avant son exécution ? Que pouvait-il bien contenir ? Quelle est cette silhouette élancée et menaçante qui semble suivre les petites effrontées ? Pourquoi Stan, qui vit avec la famille de Minnie se montre-t-il subitement violent et angoissé ? La résolution de l’enquête, trépidante, résiderait-elle dans ce trafic d’opium qui gangrène la société londonienne ? Heureusement que M. Balthazar veille sur ses deux protégées. Mais arrivera-t-il à canaliser leur caractère intrépide et rebelle ?

Comme chaque année, Anne Perry publie son petit conte de Noël et il se pare invariablement d’un emballage attrayant et d’une reliure épaisse du meilleur effet.

Oeuvrette de commande, ce « Noël plein d’espoir » semble de plus avoir été écrit à l’intention de jeunes adolescents. Minnie et Gracie sont glaçantes (à l’instar du climat hivernal) d’infantilisme et la caricature, autant sociale que narrative, est omniprésente. On pense à Oliver Twist de Dickens pour la peinture urbaine et l’atmosphère grise et miséreuse. Mais ce livre n’en n’a ni l’envergure, ni la qualité littéraire.

Cependant, l’alchimie fonctionne. Sans vraiment regretter l’absence de toute surprise ou élément original, on lit l’ouvrage – très court – avec rapidité et une certaine satisfaction, liée à la succession de faits académiquement orchestrés et imbriqués.

Quand on sait qu’Anne Perry est capable de produire des œuvres aussi maîtrisées, recherchées et ambitieuses que « du sang sur la soie » ou sa série des « Reavley », on peut considérer que c’est bâcler son talent de construire ces historiettes annuelles. Mais elles ont l’heur de faire passer le temps, sans autre prétention que de divertir. Ca leur donne le mérite de, simplement, exister. (EA)

Eric Albert

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