WALL FLOWER

BAYER, William (Traduit par Chergé, Gérard de)

Policier & Thriller

Rivages, 2010, 399 pages, 9.5 €

:) Tueur sériel, version 1991 - critique complète

Couverture
Couverture du livre: WALL FLOWER

Alors qu’il se la coulait douce à Venise, le lieutenant Janek reçoit une nouvelle qui le terrasse et l’oblige à rentrer sans plus attendre à New York : sa filleule Jess vient d’être assassinée. S’il s’agit apparemment d’un crime gratuit, Janek apprend rapidement que le modus operandi rappelle furieusement celui d’une série de crimes ayant eu lieu dans la région de Cleveland, en Floride et à New York. Baptisé par le FBI ‘le tueur de familles heureuses’, le meurtrier s’est à chaque fois servi de pics à glace et, bien qu’il n’y ait jamais eu viol, il a enduit de colle le sexe (et d’autres orifices..) de ses victimes. Bien que sa hiérarchie lui interdise d’intervenir, Janek ne tarde pas à se mêler de l’enquête. Il comprend vite que, derrière leur arrogance et leur assurance de façade, les agents du FBI ne disposent que de bien peu d’éléments sur lesquels s’appuyer, et que leur théorie du tueur des familles heureuses ne repose sur rien de convaincant. Il décide de reprendre tout à zéro, en commençant par fouiller dans la vie privée de la seule victime qui compte pour lui : Jess. Ce qu’il mettra à jour sur les relations et les pratiques de sa filleule ne le réjouira pas, mais ne sera néanmoins pas suffisant pour oublier l’amour qu’il lui portait et le désir profondément ancré de mettre son meurtrier hors d’état de nuire.

Ecrit en 1991, « Wallflower » accuse son âge, aussi bien par rapport au thème traité (le tueur en série) que par rapport à l’originalité et au talent actuel de son auteur. Les personnages de Janek et de son adjoint Aaron s’avèrent bien campés et crédibles, mais l’on ne peut s’empêcher d’adhérer nettement moins à ceux, trop caricaturaux ou typés, du coupable, de sa mère ou de l’un ou l’autre psy de service. Si l’intrigue tient la route, elle souffre, comme dit plus haut, de son côté ‘déjà vu’ (le tueur en série psychopathe) et de certaines longueurs (toute la genèse du tueur, ses délires paranoïaques, notamment, qui occupent un bon quart du bouquin). Le lecteur reconnaîtra sans peine s’être attaché à Janek et à quelques autres de ses compagnons de route, sans doute est-ce là la marque du travail de précision fourni au niveau de leur psychologie. De même, il admettra que l’intrigue, sans nécessairement ‘tenir en haleine’, a réussi à conserver son attention jusqu’à la fin. Il reste que, comparé au ‘Rêve des cheveux brisés’(2002), on se retrouve ici dans un polar nettement plus attendu, oserait-on écrire plus consensuel, et qui donc, par comparaison au tire précité, déçoit quelque peu.

Nicolas Fanuel

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