Axis

Wilson, Robert Charles (Traduit par Grouillet, G.)

Science-Fiction

Denoël, 2009, 388 pages, 20 €

:) :) :) LES COULOIRS DU TEMPS - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Axis

Axis est la suite du brillantissime Spin qui a valu tant de distinctions et de critiques élogieuses à son auteur. C’est donc à la fois excité et inquiet que l’on aborde sa lecture. Et, rapidement, on tombe de nouveau sous le charme de l’auteur canadien. Il y a un style Wilson. Rappelez-vous que j’avais mis en exergue son approche sensible et tellement juste de la psychologie humaine. Si c’est encore le cas ici, disons que c’est moins profond que dans son devancier, même si ses personnages sont encore une fois attachants. Mais notre homme est décidemment très fort pour instiller le sentiment d’étrangeté dans ses univers. Même quand il ne se passe rien, on éprouve une drôle de sensation. Dans le présent volume, la Terre vit ses dernières années parce que le soleil se transformera bientôt en nova. Pour la plupart, les hommes ont franchi l’arc des Hypothétiques et se sont installés sur le Nouveau Monde, Equatoria ; notamment dans sa capitale : Port Magellan. C’est à partir de cette agglomération tentaculaire, hétérogène telle l’humanité, que Lise Adams cherche son père, disparu depuis bien longtemps alors qu’il avait peut-être découvert quelque chose sur l’énigme que représentent les Hypothétiques. Alors que Lisa tient enfin une piste sérieuse, grâce à son ancien amant Turk Findley, d’étranges cendres se mettent à tomber sur le Nouveau Monde. Ailleurs, dans l’arrière-pays désertique, un jeune garçon doué d’une préscience inhabituelle « sent » et « voit » des choses inexpliquées. Partant de là, Wilson nous embarque dans une course poursuite feutrée, bercée de mélancolie, qui verra les protagonistes converger vers des phénomènes d’une ampleur cosmique. Tous n’en reviendront pas indemnes et  le pont est définitivement lancé vers le troisième tome, Vortex, d’une saga brillante. Très intelligemment – très poétiquement aussi -, il réintroduit des personnages de Spin, les fait interagir avec Lisa et Turk avant de les laisser à l’éternité. Il en profite pour réaliser quelques flashbacks qui éclairent d’autant les deux opus et arrive à créer un étonnant décor « extraterrestre » dont il a le secret (on pense alors à Darwinia ou à Bios). Il est aussi amusant de constater que même ses ‘méchants’ sont en demi-teinte, retords et dangereux certes, mais discrets. Par certains aspects, je me suis remémoré des romans plus anciens de Silverberg (Les ailes de la nuit, le fils de l’homme) et des nouvelles de J. G. Ballard (Vermillon Sands) : les ambiances surréalistes, les décors oniriques, la mélancolie générale, la fatalité de certaines situations, les désordres psychologiques sont autant de composantes récurrentes du style de l’auteur, son fond de commerce stylistique qu’il traite avec autant de brio que ses illustres devanciers. En fait, Axis, même s’il est légèrement en retrait de Spin, me fait attendre avec impatience la parution du troisième tome. Je ne vois pas de meilleur compliment à lui faire …

Alain Quaniers

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