DESOLATION ROAD

MACDONALD, Ian (Traduit par Sigaud, B.)

Science-Fiction

Robert Laffont, Ailleurs & demain, 2011, 427 pages, 22 €

:) :) :) :) CULTE ! - critique complète

Couverture
Couverture du livre: DESOLATION ROAD

« Dans le pire désert de Mars, il y a un coin plus perdu que les autres. Le docteur Alimantado, qui l'atteignit par accident, le baptisa Desolation Road. Il sera rejoint par une série de personnages baroques, comiques, excentriques, dont le lot commun est d'être marginaux, à la dérive, à côté de la plaque, oubliés du destin et en quelque sorte dépourvus d'avenir. On rencontre à Desolation Road des personnalités aussi singulières que Persis Tatterdemalion, pilote d'élite clouée au sol qui devient la tenancière du premier bar ; Rajandra Das, vagabond du rail, que les machines aiment tant qu'il les répare d'une caresse ; la grand-mère Babouchka, qui rêve d'un dernier enfant conçu et élevé dans un bocal ; Paternoster Jericho, des Familles Exaltées, haut dignitaire du crime organisé qui fuit ses assassins ; Ed, Louie et Umberto Gallacelli, triplés qui se ressemblent tant qu'ils aiment et épousent la même femme. Et d'autres, et d'autres, et d'autres, descendants, nouveaux Martiens, sainte, pèlerins, militaires, terroristes, réunis sous la houlette du fondateur involontaire de Desolation Road, le docteur Alimantado, chronodynamicien génial, qui disparaîtra dans les couloirs innombrables du temps pour sauver sa ville. »

La réédition en superbe livrée métallique de ce premier roman (1988) de Ian Macdonald est une bénédiction. D’abord parce que le livre est passé dans la dimension « culte » et, ensuite, parce que cet écrivain génial de SF est injustement sous-traduit en francophonie. On ne raconte pas un roman de notre homme, c’est mission impossible. C’est la raison pour laquelle le quatrième de couverture me servira de base. Si vous êtes titillés par lui, foncez. Le reste est l’avenant, aussi fou, aussi débridé et inventif. Nous avons probablement affaire à l’une des plus formidables galeries de personnages de l’histoire des littératures de l’imaginaire. Mais, la fraie force de ce Desolation Road, c’est la forme. Macdonald passe allègrement de la SF pur jus à la satire sociale, de la folie la plus hystérique à la poésie la plus pure, de la contre-culture à la sédition rock and roll. Ses descriptions de Mars sont saisissantes, d’une grande beauté, « visuelles ». Il parsème le décor d’objets incroyables, du plus simple au plus compliqué, baroques et hautement technologiques, incongrus mais fonctionnels. Et puis, il y a la psychologie de ses personnages. Toujours touffue, complexe, plausible, elle est souvent terriblement humaine. Enfin, le tour de force réside dans la façon de les faire interagir entre eux : la façon dont ils s’apparient, les dialogues qu’ils échangent, leurs pensées intimes générées par l’environnement de cette ville dingue. Ça sonne juste, oscille entre le tragique et le comique, le raisonné et le délire. C’est un livre incroyable, assez unique dans l’histoire de la science-fiction et d’une richesse inouïe. Il ne propose pas une histoire, mais plusieurs dizaines tout en restant cohérent et fascinant à lire. On pense à Ballard, Dick, Stephenson, Sladek, Sheckley, Spinrad … Ce genre d’écrivains « allumés », anticonformistes, visionnaires. J’ai souvent pensé aussi que Ian Macdonald avait couché sur le papier la somme de ses référentiels, de ses acquis culturels et de ses expériences avec le genre humain. Le résultat est bluffant, il a d’ailleurs décroché le prix Locus du premier roman en ‘89. Aujourd’hui, plus de vingt ans plus tard, il n’a pas pris une ride. C’est ça, une œuvre culte !  

Alain Quaniers

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