NOUVELLES COMPLETES. TOME 3 : 1972-1996

BALLARD, J.G.

Science-Fiction

Tristram, 2010, 600 pages, 29 €

:) :) :) :) HÉRITAGE - critique complète

Couverture
Couverture du livre: NOUVELLES COMPLETES. TOME 3 : 1972-1996

Nous nous étions quittés au cours d’un deuxième tome qui faisait la part belle à la période, si pas la plus féconde, au moins la plus riche et la plus anticonformiste de la longue carrière de nouvelliste de l’auteur anglais. Le troisième et dernier volet de cette formidable entreprise reprend le fil des nouvelles du recueil Appareil volant à basse altitude et prolonge l’exploration au travers de deux autres recueils majoritairement représentés : Fièvre guerrière (1975 – 1990) et Mythes d’un futur proche (1976 – 1982). Ballard poursuit sur sa lancée et ses sources d’inspiration sont multiples : science-fiction, sociologie, prospective, psychologie constituent les fils rouges de nouvelles de forme traditionnelle ou carrément expérimentale comme Index, par exemple. On croise les mêmes personnages déboussolés, amers, dépressifs, voire, pervers. Tout n’est pas de qualité égale, mais, bizarrement, les textes les plus forts permettent aux autres de rester honorablement plaisants à lire. On remarquera aussi la présence de la plus longue nouvelle de ce recueil. L’ultime cité (88 pages), assurément l’un des textes les plus marquants de l’ensemble. Car cette vision d’une humanité obligée d’adopter un comportement post-technologique forcé par l’épuisement de tout ce qui faisait la richesse du monde, d’habiter des communautés parfaites et ultra-rationnelles et qui se voit bousculée par le rêve fou d’un « déviant » qui veut « réveiller » une ville ancienne est magnifique. En arrière-plan, l’auteur en profite pour se poser la question de ce qu’est la nature humaine « vraie ». Sacré Halloway ! Ce troisième tome propose également trois textes isolés et sept inédits. On côtoie alors les nouvelles préoccupations de l’auteur, celles que nous avions découvertes notamment avec le roman Super-Cannes : vision sans complaisance et désabusée de la société dite moderne, ses travers, sa décadence, sa superficialité. Ballard est pessimiste et il nous dit : ce n’est pas dans le futur, c’est maintenant. Le mouvement est en marche et l’issue est inéluctable, faites ce que vous voulez, vous n’échapperez pas à l’effondrement.

Les dernière pages sont consacrées à une nouvelle de 1951, Midi le violent, probablement un des tout premiers textes de l’écrivain. La boucle est bouclée, le grand œuvre a abouti. Tristram a tenu bon, n’a pas dévié et lègue à la postérité une trilogie qui fait et fera date dans le monde de la science-fiction, mais pas seulement. Car ce triptyque est un témoignage consacré à l’un des plus brillants écrivains modernes. Et on se fout que ce soit de la SF ou non, c’est tout simplement de la grande Littérature. Oui, avec un grand « L ». Immortel !!! 

Alain Quaniers

Commentaires

Il n'y a aucun commentaire. Soyez le premier à ajouter un commentaire !

Poster un commentaire

Nom:
Adresse email:
Site web:
Combien font quatre plus cinq?
Poster