Planète à louer

Yoss (Traduit par Sylvie Miller)

Science-Fiction

Mnémos, Dédales, 2011, 256 pages

:) :) :) Les aliens aux commandes - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Planète à louer

Dans le futur, la Terre est dominée par des extraterrestres. Ceux-ci ont pris possession de notre planète pour nous sauver de nous-même. Nouveaux colonisateurs de la Terre, être bien pensants, ils maintiennent une main de fer sur l’Homme et ce que ce dernier peut obtenir comme connaissances du monde extérieur. Règles sévères et contrôle complet des technologies, plus aucune liberté! Tout cela pour le bien de l’être humain qui est devenu une distraction. La Terre ? Elle s’est transformée en un paradis touristique pour ces xénoides venus d’ailleurs ! “Planète à louer” nous brosse un futur imaginé, celui que l’on va partager avec Buca la prostitué, Moy l’artiste métis, Alex le scientifique et bien d’autres.

Yoss, en écrivant sa préface nous annonce un fait : "Toute ressemblance entre le Cuba des années 1990 et cette Terre du XXIème siècle est purement intentionnelle". Nous voilà prévenu et plein d’attentes car visiblement l’auteur a quelque chose à dire contre le régime de Cuba. Et la SF est pour lui l’outil idéal pour y arriver. Jouant du cliché Space Opera, il le détournera pour mettre l’homme en situation inversée : nous ne sommes plus les colonisateurs mais bien les colonisés! Là où le space-opera a toujours présenté l’homme en conquérant de l’univers, le voici assujetti aux races extraterrestres et à leur paternalisme bien pensant. Juste retour vers notre passé de colons occidentaux... Mais est-ce si éloigné de la réalité encore actuelle du tiers-monde ? Pas tellement et pour nous amener à ces réflexions, Yoss injecte du réalisme social dans l’imaginaire science-fictif. Juste comparaison avec l’état du Cuba des années '90? Je ne saurais le jurer ni le juger n’ayant jamais mis le pied sur l’île. Néanmoins il est à remarquer que dans tous les cas de figures c’est bien l’occidental qui part en vacances sur les zones pauvres, c’est lui qui tient la technologie, c’est lui qui détient la culture entre ses mains, c’est lui qui décide qui peut entrer sur son espace territorial. Yoss joue sur ces thèmes, les invite dans les sept nouvelles qui font ce livre. Plus qu’un recueil, “Planète à louer” est construit quasi comme un roman. D’une cohérence incroyable Yoss crée des liens entre les textes, chaque personnage ayant un lien avec un autre croisé dans une nouvelle précédente. Le processus n’est certes pas innovant mais il est habilement utilisé par l’auteur car il renforce le lien affectif qui se crée avec les personnages de son roman et crée une empathie plus forte avec la souffrance de ces êtres humains qui survivent plus qu’ils ne vivent réellement. Bref, “Planète à louer” est un roman excellent, divertissant, touchant et réflexif. Sûrement un coup de coeur, tant par sa construction que par son contenu. Et bien sur, un moyen de découvrir la SF cubaine (qui change bien de celle des USA) et qui vaut franchement le détour dans le cas présent.

Julien Vanderhaegen

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