TERRE SANS MAL

LESSARD, Martin

Science-Fiction

Denoël, 2011, 414 pages, 20.5 €

:) :) :) Illumination - critique complète

Couverture
Couverture du livre: TERRE SANS MAL

2088, la planète terre montre ses limites écologiques et la conquête spatiale s’applique à la colonisation de Mars, voyant en la planète rouge le futur de l’humanité. A milles lieues de se douter des conflits qui règnent sur la planète rouge, les terriens ignorent également qu’un vaisseau extraterrestre navigue désormais dans l’espace martien et abrite en son sein une entité vieille de plus de 750 ans avide de commercer son savoir avec les hommes…

 

Certains livres se dévoilent au premier regard. On peut dire tout ce qu’on veut, un livre c’est comme un plat, cela se dévore d’abord avec les yeux. Le premier coup d’œil nous engage souvent à choisir de lire ou non. Quand j’ai extirpé  « Terre sans mal » de ma boite aux lettres, j’ai haussé les épaules en me disant que j’avais encore affaire à un livre de SF comme il y en a tellement. Et bien non.

Ces 414 pages ne traitent pas, au contraire des indications de la couverture, de l’arrivée des extraterrestres sur la terre, mais plutôt de l’impact au niveau humain, politique et éthique d’un espoir de survie sur une planète ayant succombé au réchauffement climatique. En effet, la calotte glaciaire a fondu et  le niveau de l’eau a fortement augmenté, recouvrant de nombreuses régions et réduisant de ce fait l’espace de vie de l’humanité. Après avoir colonisé la lune pour s’en servir de relais pour le voyage vers d’autres planètes, l’homme s’est attaqué à la colonisation martienne et poursuit son évolution en terre étrangère. La recherche spatiale s’est transformée en bouée de secours pour une humanité qui s’étouffe sur elle-même. Durant tout le roman, l’auteur ne cache pas son aversion pour le gouvernement américain. Le président américain est à l’image du politicien avide de pouvoir tel que l’on présenta souvent un certains Bush… Manipulation, chantage, menace, le gouvernement américain à la main mise sur divers procédés pour contrôler le monde et apposer son empreinte sur la lune et Mars. Car l’avidité du président ne se répercute pas uniquement sur « ses » états mais également sur la planète martienne. Dès lors, lorsque des extraterrestres proposent l’échange de technologies contre des vies humaines, la limite entre éthique et préservation de l’humanité n’est plus aussi bien définie. A des années- lumières d’un « Rencontre du troisième type », l’ouvrage s’oriente davantage vers l’impact d’une telle demande sur le comportement des humains et martiens.

Véritable bombe philosophique, « Terre sans mal » est un roman aux nombreux visages. Ce qui fait qu’un livre est agréable à lire, c’est qu’on peut le lire, le relire  et le relire encore et y trouver une signification différente de celle que l’on avait décelée lors de la lecture précédente . « Terre sans mal » possède cette particularité qui le rend plus attachant encore. Il génère de nombreuses réflexions sur l’homme, conte un récit de science-fiction qui évoque par sa description des cités martiennes certains récits d’Arthur C.Clarke, et raconte la puissance du peuple et son droit d’agir sur son gouvernement. Difficile de ne pas y trouver son compte. Sans oublier le récit d’U’tal, le jeune Guarani à la recherche de la Terre sans Mal. Fuyant la barbarie des croyances de son peuple, il s’engage dans un voyage initiatique qui le mènera au-delà des cieux.

Le récit est sans nul doute très bien ficelé et nous tient en haleine à chaque page qu’il nous est donné de parcourir. Un style simple et efficace qui nous emmène dans les étoiles. Il n’y a rien à redire sur l’efficacité scénaristique du roman ni sur les qualités d’écrivains de Martin Lessard,  arrivant récent dans le monde de l’édition, qui ne tardera pas à nous faire rêver à nouveau.

Un must. Si vous aussi vous recherchez la Terre sans mal, alors lisez ce livre, il vous apportera le calme et la paix.

Jérémy Barbier

Commentaires

Super intéressant, cela donne le goût de se lancer. Il doit cependant y avoir erreur sur la "cote : deux étoiles tristes = sur la mauvaise pente"... ? Du moins, cela ne correspond pas à la critique enthousiasmée.

Sachée N. il y a 6 ans

Merci.

C'était la première critique que je postais sur le site et je n'ai pas fait attention à la cote indiqué. Il y a une erreur effectivement, merci de me l'avoir fait remarqué.

Jérémy Barbier il y a 6 ans

C'est encore plus alléchant comme cela !  8o)

Sachée N. il y a 6 ans

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