Quand Carter sort de cinq années dans une prison mexicaine, il n’a qu’une seule question à l’attention des complices braqueurs de banque qui l’attendent : « Anna » ? La réponse est simple : Anna est mariée, et avec un prêtre en plus. Nous sommes au Far West, vers la fin du 19e siècle, la loi et l’ordre ne sont pas encore réellement en vigueur, pour peu que l’on soit assez optimiste pour prétendre qu’ils le seront un jour. Seuls comptent la force, la violence et les flingues. Carter et ses potes braqueurs se mettent donc en route, objectif : Anna. Lorsqu’ils la retrouvent, entourée de trois gamins et d’un mari non-violent, ils ne lui laissent pas réellement de choix et l’embarquent, laissant derrière eux la mort et la désolation. Peu de temps après, les trois gamins décident de pister les kidnappeurs et de libérer leur mère. Parce que sinon, que feraient-ils ?
Une violence débridée
En plus de 220 pages et dans un style oscillant entre comics et bande dessinée européenne, le duo Brian Azzarello/Eduardo Risso (« 100 bullets », une série de comics américaine dont la publication s’est étalée avec un certain retentissement sur 10 ans et publiée en français à partir de 2001), nous livre ici un western aux multiples rebondissements et à la violence débridée. Si c’est la quête des trois gamins qui sous-tend toute l’intrigue, celle-ci repose aussi sur plusieurs sous-histoires mettant en scène une multitude de personnages, des simples voleurs aux chasseurs de prime, en passant par une femme comanche recherchée pour meurtre ou par de braves colons suédois en quête de jours meilleurs. Autant de personnages et de situations qui se révèleront pour la fratrie comme autant d’étapes dans leur quête (d’où le titre qui fait référence à un poème épique) tout sauf reposante et en milieu hostile. Un western enlevé donc, une histoire qui coche quasi toutes les cases du genre et qui devrait ravir les amateurs, si tant est qu’ils apprécient le genre comics qui teinte fortement l’ensemble.