Redondo, Dolores ; traduit de l’espagnol par Isabelle Gugnon
Policier & Thriller
Paris : Gallimard, 2026, 584 pages, 21 € (Série noire; Les vallées tranquilles)

🙂 🙂 Eternidad

Une fouille archéologique dans le gouffre de Lagarrea en Navarre, c’était simplement le projet de Nash Elizondo et de son équipe.
Au lieu de ça, un corps, une disparue et le Covid en prime.
C’est dans ce contexte que Nash et son équipe, vont enquêter et faire une autre découverte, qui pourrait bien en intéresser d’autres pour des raisons bien moins loyales.
Elle n’aura donc d’autre choix que d’enquêter le plus discrètement possible…en encaissant les coups…jusqu’au jour où la roue tournera et qu’elle reprendra la main…avec ses propres règles.

Sacrées carrures !

Entre Nash Elizondo, docteur en psychologie médico-légale et en psychiatrie, passionnée de spéléologie et des légendes de la région, de leur transmission orale, des croyances populaires et Amaïa Salazar, devenue inspectrice à la police forale de Navarre, les hommes n’ont d’autre choix que d’obtempérer car, ces deux pointures ne se laissent nullement dérouter dans cet univers machiste, sombre et pluvieux.
Si Amaïa reste un peu en retrait, cette fois, et n’apparaît que tardivement dans ce nouvel opus. Nash, elle, y occupe une place prépondérante. Femme entière, amoureuse à sens unique, que la petite voix de sa mère ne cesse d’importuner d’ailleurs. On retrouve, ici, un espace où la femme a une place particulière, où la transmission se fait de mère en fille, où la fusion et les liens sont puissants. L’énergie qui circulait entre ces femmes et le souvenir de ce qu’elles avaient vécu les avait réunies dans une cérémonie personnelle constituées de sourires, de l’odeur de la vie récente, du sang, des sons, des mots, de l’ocytocine ou hormone de l’amour, de la force viscérale, utérine, féminine, d’euphorie vitale. P.521
Nash, qui se livre autant dans une enquête professionnelle que personnelle car, visiblement, elle a beaucoup de mystères à élucider…
A contrario, dans ce roman, les hommes sont totalement insignifiants ou absolument manipulateurs…se nourrissant des chasses gardées de territoire et d’enquête.

Sacrée Nature !

Les évènements se déroulent au Pays basque, comme dans la Trilogie du Baztan, côté nord de l’Espagne, en montagne, dans des petits villages reculés aux accès difficiles. La vallée y est décrite avec grand soin, comme toujours, permettant de s’y plonger littéralement et, toute aussi magnifique que mystérieuse.

Sacré apprentissage !

On plonge, tant dans une exploration des croyances et traditions ancestrales et culinaire que dans la condition de la femme au sein de la communauté proche ou élargie tant d’un point de vue historique qu’étiologique.
On bénéficie de détails médico-légaux extrêmement précis, d’un titre et d’une couverture sacrément évocateurs du déroulé des évènements.
Un roman dense, tout comme son écriture. Un jour, un chapitre. Des plans, de jolies citations, les traditions et légendes du Pays basque et la langue agrémentée d’un glossaire de traductions.
Un roman très complet pour les afficionados du genre et, en prime, l’autrice qui se cite régulièrement dans son propre roman.
Hélène Monin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Fill out this field
Fill out this field
Veuillez saisir une adresse de messagerie valide.
You need to agree with the terms to proceed