Le monde d’Ann s’effondre lorsque son père est arrêté, sous ses yeux, pour des meurtres de petites filles.
La consternation à ne pas voir le pilier de sa vie se défendre, comme acceptant son sort avec résignation, va inciter la jeune femme à tout mettre en œuvre pour prouver l’innocence de ce dernier.
D’autant, que peu de temps après l’incarcération de son père, un nouvel enlèvement est signalé aux alentours de Berlin.
Terrain miné
Dans un format original entre les lignes du récit : des articles de journaux, les écrits d’Ann enfant, des enregistrements, qui laissent place à la perplexité d’abord pour, ensuite, s’affiner vers ce qui se révèlera être la vérité.
Ann ne raconte pas, elle s’adresse directement à son père, elle vit de plein fouet le rejet des autres, sa solitude forcée, comme une paria.
Son combat rend son émotion encore plus vivante.
Un climat particulier s’installe au travers d’une écriture dense et directe, complété par une certaine lenteur, probablement due à la stagnation de l’enquête.
Ann avance en terrain miné, bravant le danger avec un peu trop de désinvolture, de certitude, une certaine obsession même.
D’ailleurs, ne se dit-elle pas que La fin justifie les moyens P. 134 et, effectivement, elle est prête à tout pour sauver son père !
Quant au lecteur, il glisse tout doucement vers quelque chose d’insaisissable, comme un doute qui s’installe subrepticement, de l’ordre de la santé mentale ou de la manipulation.
Un récit sensible et profond sur l’amour, le pouvoir des émotions, la destruction et l’identité.