Un youtubeur suscite un vif engouement en remettant en lumière l’histoire de la Veuve blanche, une tueuse en série aujourd’hui disparue, qui a terrorisé Tokyo au début des années 2000.
Lorsque Junichi Kudo, détective privé dont la vie a été brisée par cette femme, apprend que de nouveaux crimes reprennent le même modus operandi, il décide de mener l’enquête. Il s’enfonce seul dans le monde des « évaporés », où la Veuve blanche pourrait avoir trouvé refuge. Bientôt, il disparaît à son tour.
Hayato Ishida et Noémie Legrand, membres de la cellule Sakura, partent alors sur ses traces. Leur enquête les plonge dans les méandres d’un Japon fracturé, où se dessine peu à peu un puzzle funeste, hanté par les fantômes du passé (résumé de l’éditeur)
Après « Avant de sombrer », ce roman constitue le deuxième opus de Cyril Carrère consacré à la cellule Sakura, du département de la police métropolitaine de Tokyo. L’auteur donne le ton dès l’épigraphe :
« Rien ne sert de mourir, il faut savoir disparaître. »
L’histoire met en scène la Veuve blanche, une tueuse en quête de rédemption qui choisit de s’effacer avec sa fille. Près de quinze ans plus tard, Junichi Kudo, à la tête d’une agence de détectives privés, découvre une vidéo virale d’un célèbre youtubeur relançant l’affaire… avant de « s’évaporer » à son tour. Ses associés font alors appel à la cellule Sakura pour le retrouver.
Cyril Carrère vit au Japon, et cela se ressent à chaque page. Il nous fait traverser le pays à travers les drames qui l’ont marqué : le séisme, la catastrophe de Fukushima, la pandémie de Covid… Mais l’auteur s’attarde surtout sur un phénomène profondément ancré dans la société japonaise : le jōhatsu, ou le phénomène des « évaporés ». Des individus qui disparaissent volontairement — ou sous la contrainte des circonstances — pour fuir un échec, une dette, un conflit familial, un licenciement, ou encore l’emprise d’un gang.
« Je ne pense pas que quiconque soit mauvais par nature, mais qu’on le devient, au terme d’un long processus, d’une lente dégradation. »
La Veuve blanche a-t-elle réellement choisi de disparaître ? Et pour quelles raisons ? Le récit nous entraîne dans de multiples ramifications qui finissent par se télescoper. Malgré les allers-retours entre différentes époques, l’auteur ne perd jamais son lecteur, bien au contraire. Grâce à une écriture cinématographique et rythmée, les sens restent en éveil. Une histoire hors norme, portée par des personnages atypiques, dont certains — même les plus sombres — suscitent une profonde empathie.