Thilliez, Franck (scanrio) ; Tackian, Niko (scénario) ; Kochanski, Kamil (dessin)
Bande dessinée
Paris : Delcourt, 2025, 160 pages, 20 €

🙂 🙂 Au croisement du polar, du fantastique et de la s-f.

Alors qu’il comptait entamer une aimable partie de pêche, un homme découvre trente cadavres flottant à la surface d’un torrent, dont nous ne saurons jamais s’il était poissonneux. Nous sommes en France, dans la vallée du Mont Aiguillle, en mars 2024. Dépêchée de la SRPJ de Grenoble, la jeune inspectrice Sarah Minsk prend connaissance de l’affaire : 29 cadavres portent des blouses d’hôpital et leurs cerveaux ont comme fondu à l’intérieur de leur boîte crânienne. Sur le trentième, le seul à porter des vêtements civils, les légistes ont trouvé une formule mathématique, tatouée dans le dos. Quelques jours plus tard, à Paris, un libraire est agressé par un inconnu. Au fil de l’enquête, on découvre que le dos du libraire porte lui aussi une formule mathématique tatouée.

Un final dystopique et moral

Au départ d’une enquête policière aux allures de traque de tueur sériel, les romanciers Niko Tackian et Frank Thilliez, ici mués en scénaristes, font rapidement obliquer leur affaire vers le fantastique. On sera ici confrontés à une mystérieuse secte, on évoquera un orphelinat disparu, avant d’être orientés sur la piste d’un hôpital abandonné. C’est l’intervention d’un improbable témoin qui finira par nous mettre sur la bonne voie : celle d’un mystérieux village, apparaissant et disparaissant en différents points du globe, tous les 40 ans.
Une intrigue complexe, au croisement du polar, du fantastique et de la science-fiction pure, suffisamment intrigante pour nous emporter dans ses méandres pourtant parfois difficiles à suivre, avouons-le. Le dessin très «comics» de Kamil Kochanski (que nous avions déjà rencontré dans l’épisode 3 de la série Survival) accentue le côté oppressant et le versant horrifique du scénario. On retrouve également avec plaisir quelques gimmicks propres à Thilliez (les hôpitaux et autres orphelinats) mais il nous a semblé que le final, en mode dystopique et choix moral, éclipsait par trop l’aspect polar et nous laissait quelque peu sur notre faim. On salue la couverture, belle et énigmatique, et on a aussi aimé le démarrage cauchemardesque à souhait.
Nicolas Fanuel

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