Il s’avère compliqué d’ignorer l’influence de Howard Phillips Lovecraft, tant ses écrits horrifiques traversent les âges et les frontières. Depuis l’ignoble Mythe de Cthulhu qui engendre cette créature cosmique et puissante aux desseins maléfiques jusqu’au mythique asile psychiatrique d’Arkham, que certains lecteurs retrouvent dans le monde de DC Comics, son univers ne manque certes pas de matériaux propices à la création d’une multitude d’histoires dérivées.
Dans ce deuxième opus d’Arkham Mysteries, nous retrouvons trois protagonistes sur qui l’ombre des Grands Anciens plane. Un professeur de l’université de Miskatonic, Seth Armitage, revient d’un voyage en Mongolie, au cours duquel un mystérieux tatouage apparut dans son dos. Grâce à l’aide apportée par ses collègues et amis, H.P. Lovecraft et la journaliste Skylark Duquesne, il s’approche peu à peu des réponses à tous ces mystères qui touchent Arkham, à l’apparition de créatures étranges, aux événements non moins mystérieux de l’asile…
Un thriller d’épouvante
En tant que deuxième opus d’une trilogie, L’ombre de Dagon se trouve à une position peu favorable pour des critiques excellentes. L’histoire se trouve entre les curiosités de la mise en place du premier tome et les halètements des dénouements du troisième, à une place où les péripéties s’avèrent plus discrètes et le rythme plus posé. Certes, le synopsis ne manque pas d’action et d’intrigues, notamment grâce à la venue insidieuse de Dagon, l’une des divinités présentes dans le vaste univers de Lovecraft. Entre les nombreuses phases d’enquêtes et de discussions des protagonistes, le lecteur se perd dans les rues obscures d’Arkham où la violence décide de s’exposer au grand jour.
Force est de constater que la couverture de l’ouvrage peut tromper le lecteur : elle présente deux de nos protagonistes dans un style très détaillé et expressif. Cependant, les dessins de l’ouvrage s’éloignent considérablement de cette esthétique, se dirigeant davantage vers un style plus grossier, drastiquement moins détaillé. Le lecteur curieux devra prendre garde à ne pas se fier à la première de couverture …
En résumé, l’ouvrage présente tant des qualités que des défauts. L’histoire se développe peu à peu et annonce la venue de créatures mythiques horrifiques. Elle manque légèrement de rythme mais trouvera certainement un dénouement convaincant et digne des histoires de Lovecraft. Le plus grand défaut réside dans la qualité des dessins qui ne plaira pas à tous les lecteurs.