Daniel Pabst, un vieux garçon qui vivait jusqu’il y a peu chez sa mère friquée, se fait engager dans une agence de détectives privés. À part lui, l’agence compte un directeur qui crie beaucoup et qui a l’air à côté de ses pompes, une secrétaire qui fait un peu ce qu’elle veut et un autre détective, pas spécialement doué mais qui se prend pour Bogart. Alors qu’il entame sa première journée de boulot, Pabst est témoin d’un échange de mallettes suspect dans le bureau du directeur. Cantonné dans des tâches subalternes, il va mener sa propre enquête sur cet échange.
Un fil conducteur ténu
Troisième et dernier titre de sa trilogie « Le grand livre des animaux », dont nous avions chroniqué ici les deux premiers, « Chevreuil » et « Python », « Chiens » nous a très rapidement paru moins abouti que ses deux prédécesseurs : personnages trop peu incarnés et auxquels on a du mal à croire, intrigues multiples et qui traînent en route, fil conducteur ténu. Même la verve habituelle de l’auteur nous a paru un brin en berne. Il y a quand même de bons moments (l’amitié entre Pabst et un homme de main au cœur tendre) et de bons mots (des envolées très gendronnesques sur la bêtise humaine) mais tout ça nous a quand même laissé sur notre faim. On l’a déjà constaté ici, Gendron est capable de nous emporter dans des intrigues à la fois passionnantes, pleines de suspense et d’une drôlerie vacharde (« Révolution », « Fin de siècle », « Chez Paradis »), mais il est parfois victime d’un coup de mou, et c’est pour nous clairement le cas avec « Chiens ».