Arbol, Victor del ; roman traduit de l’espagnol par Alexandra Carrasco
Policier & Thriller
Arles : Actes sud, 2026, 394 pages, 23,80 € (Actes noirs)

🙂 Les cadavres tombent de la poche de l’inspecteur

Une jeune femme se fait renverser alors qu’elle roule à vélo sur une route escarpée de Lanzarote. Le conducteur prend la fuite non sans avoir vérifié son état et fouillé son sac à main.
Le sous-inspecteur Soria, fraîchement arrivé sur l’île, se voit confier ce qu’il prend pour un fait divers. Mais Vesna, d’origine bosniaque, affiche plusieurs identités, et se révèle être une hackeuse recherchée à l’international. Son appartement est d’ailleurs mis à sac. Et d’autres cadavres sont retrouvés, liés à cette tentative de meurtre.
Parallèlement, un incendie criminel sur un site de production provoque la mort de 8 employés. Une vague de licenciements était en cours. À Barcelone, la nouvelle n’émeut pas Armando Ortiz, riche propriétaire de plusieurs sociétés, auquel appartient le site industriel. Féru de safari, il a tenté d’inculquer la cruauté à sa fille Virginia.
— « Il fut un temps où nous étions des proies. Mais un jour nous avons été capables d’inventer le cycle de la vie et de la mort. Ça s’est produit quand nous avons accepté ce que nous étions. Nous chassons parce que c’est nous les bêtes féroces, pas eux. C’est nous les prédateurs ».
Mais Virginia est d’une autre veine. Ex-inspectrice, elle a sacrifié une brillante carrière dans la police pour seconder son père. Elle se rend à Lanzarote afin de tenter de donner du réconfort aux proches, mais se fait agresser à cause de son statut.
Au Texas, un tueur à gages se voit contraint d’avoir une rencontre musclée avec l’Ours Dàvila, qu’il a trahi par le passé. Le parrain lui confie une dernière mission pour s’acquitter de sa dette.

Intrigues multiples pour ce roman espagnol

Le contexte des différentes intrigues est la crise financière de 2008, durant laquelle les riches se font plus riches, tandis que les petites gens trinquent. Le temps des bêtes féroces, c’est celui où la finance et son réseau opaque manœuvrent pour enrichir patrons et actionnaires dénués de toute humanité. Heureusement, certains personnages veulent s’en détacher, comme Virginia.
La plupart des personnages sont connus des lecteurs de l’écrivain espagnol : « Le temps des bêtes féroces » fait suite à Personne sur cette terre (trois ans séparent les deux intrigues). Soria et Virginia Ortiz y étaient collègues à Barcelone. Mais également Juliàn Leal, policier condamné pour agression, et qui souffre à présent d’un cancer.
Le tueur à gages est le seul à s’exprimer à la première personne, ce dont le lecteur peut être reconnaissant.
Car les enjeux sont à la fois sociaux, financiers, politiques, judiciaires. Les intrigues sont multiples, les sautes temporelles et/ou géographiques. Les liens entre les personnages se dévoilent au fur et à mesure de la lecture. Ils sont nombreux, un peu trop. La bonne compréhension aurait sans doute été facilitée si nous avions lu le premier opus. Ou peut-être pas, les multiples ressorts d’une histoire complexe ayant déjà été perçus comme opaques à l’époque.
Un troisième tome suivra.
Barbara Mazuin

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